{"id":1720,"date":"2019-09-28T21:51:25","date_gmt":"2019-09-29T04:51:25","guid":{"rendered":"https:\/\/theliteraryarts.com\/?p=1720"},"modified":"2021-01-09T22:26:23","modified_gmt":"2021-01-10T06:26:23","slug":"shadow-music","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/shadow-music\/","title":{"rendered":"Musique de l'ombre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><em>\"Musique\" d'Henri Matisse<\/em><\/p>\n<p>Les m\u00e9lodies entendues sont douces, mais celles qui ne sont pas entendues<br \/>\nsont plus douces ; donc, vous, doux tuyaux, jouez ;<br \/>\nPas pour l'oreille sensuelle, mais, plus attachant,<br \/>\nPipe to the spirit ditties of no tone...<br \/>\n- John Keats<\/p>\n<p><strong>Lors de notre \"kitchen talk\" et de notre r\u00e9union de section du 28 septembre 2019, nous avons discut\u00e9 du po\u00e8te John Keats.<\/strong><\/p>\n<p>La soir\u00e9e a commenc\u00e9 par un <strong>orage<\/strong>. Alors que les personnes arrivaient, la pluie s'est mise \u00e0 tomber. Le temps que la conf\u00e9rence commence, un puissant orage s'est install\u00e9 sur Fair Oaks, juste au-dessus de la maison. Alors que je lisais les lignes du po\u00e8me de Keats \"To Autumn\" a <strong>un \u00e9norme coup de foudre<\/strong> nous a fait sursauter, et le tonnerre a explos\u00e9 juste au-dessus de nos t\u00eates. L'Airedale a saut\u00e9 sur le sofa de peur et a grimp\u00e9 sur les \u00e9paules de Dan ! Mais tout ce drame me semblait parfaitement appropri\u00e9 pour un po\u00e8te de la stature de Keats. En particulier, \u00e0 la veille de la Saint-Michel, j'avais l'impression que les \u00e9l\u00e9ments pr\u00eataient force et inspiration \u00e0 notre petite assembl\u00e9e.<\/p>\n<p>J'ai commenc\u00e9 par pr\u00e9senter <strong>Keats dans sa relation avec Novalis<\/strong>. Peu de choses ont \u00e9t\u00e9 dites sur la relation entre ces deux po\u00e8tes : l'un se situe au d\u00e9but des d\u00e9cennies canoniques du romantisme (Novalis), l'autre \u00e0 la fin de ces d\u00e9cennies (Keats). J'ai sugg\u00e9r\u00e9 que cela fasse l'objet d'une recherche. Comme nous sommes dans la Section et que beaucoup d'entre nous parlent et lisent l'allemand ou connaissent assez bien Novalis en traduction, j'ai pu faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 <em>Hymnes \u00e0 la nuit<\/em> - en particulier les premi\u00e8res strophes. Keats et Novalis partagent plus qu'une similitude de biographies. Le recours de Novalis \u00e0 \"la nuit\" - aux myst\u00e8res du sommeil, de la mort et de la r\u00e9surrection - trouve un \u00e9cho dans la po\u00e9sie de Keats. Le rejet par Novalis de l'\u00e9pist\u00e9m\u00e8 des Lumi\u00e8res, son recours \u00e0 la nuit et aux enfers et son \u00e9loge de l'obscurit\u00e9 - ce sont l\u00e0 des gestes que Keats a caract\u00e9ris\u00e9s comme la v\u00e9ritable fronti\u00e8re de la po\u00e9sie, et il a vu que ces pr\u00e9occupations conduisaient le po\u00e8te de mani\u00e8re initiatique vers une exp\u00e9rience de ce que Keats appelait <strong>\"le fardeau du Myst\u00e8re\".<\/strong> C'est-\u00e0-dire le myst\u00e8re auquel nous sommes confront\u00e9s lorsque nous nous trouvons sur le seuil de la \"chambre de la pens\u00e9e virginale\" (voir la lettre de Keats \u00e0 John Reynolds dat\u00e9e du 3 mai 1818) et que nous nous sentons m\u00fbrs ou peut-\u00eatre appel\u00e9s \u00e0 faire le prochain pas au-del\u00e0 de cet enfermement vers le \"Myst\u00e8re.\" Keats utilise ce mot \"myst\u00e8re\" de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et avec une grande partie de la r\u00e9sonance que nous entendons dans ce mot en tant qu'\u00e9tudiants de Rudolf Steiner.<\/p>\n<p>Keats est un romantique tardif et un pr\u00e9curseur tr\u00e8s important de ce que l'on appelle le \"romantisme\". <strong>L'\u00e2ge esth\u00e9tique<\/strong> qui a succ\u00e9d\u00e9 au romantisme. \"L'\u00e2ge esth\u00e9tique\" - pour les membres de la Section - est une r\u00e9f\u00e9rence suggestive. Au fur et \u00e0 mesure que nous avancerons dans nos \u00e9tudes sur le romantisme, j'essaierai de trouver le temps de pr\u00eater attention \u00e0 la persistance de l'esprit romantique au XIXe si\u00e8cle, o\u00f9 il s'oppose au naturalisme et au mat\u00e9rialisme, entre autres r\u00e9cits contradictoires. Au fur et \u00e0 mesure que nous avan\u00e7ons, nous pourrions, par exemple, prendre le temps de discuter des points suivants <strong>La r\u00e9daction du Magazin f\u00fcr Literatur par Rudolf Steiner (1897)<\/strong> afin de contextualiser la fa\u00e7on dont les th\u00e8mes et les pr\u00e9occupations du romantisme, qui persistent et se transforment \u00e0 travers l'\u00e2ge esth\u00e9tique, trouvent un reflet dans cette entreprise litt\u00e9raire. Un tel examen pourrait aider \u00e0 mieux comprendre le commentaire de Barfield selon lequel l'anthroposophie est \"le romantisme arriv\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9\". Nous pourrions \u00e9galement nous pencher sur la mani\u00e8re dont la fin du XIXe si\u00e8cle a pu comprendre les \"sch\u00f6ne Wissenschaften\" (belles sciences).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1721 aligncenter\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/glaube-und-sch-nheit-2018-oil-on-canvas-140x200.jpgLarge.jpeg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"447\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/glaube-und-sch-nheit-2018-oil-on-canvas-140x200.jpgLarge.jpeg 640w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/glaube-und-sch-nheit-2018-oil-on-canvas-140x200.jpgLarge-480x335.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 640px, 100vw\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>\"Glaube und Sch\u00f6nheit\" par Jarik Jongman<\/em><\/p>\n<p><strong>La D\u00e9esse Blanche<\/strong><\/p>\n<p>J'ai \u00e9galement profit\u00e9 de l'occasion pour montrer la continuit\u00e9 th\u00e9matique avec Rilke, en retra\u00e7ant l'arc de recherche po\u00e9tique commenc\u00e9 par Novalis et Keats. Je ne vais pas essayer de r\u00e9sumer tous les d\u00e9tails de cette digression, mais pour r\u00e9f\u00e9rence future : nous avons discut\u00e9 des El\u00e9gies de Duino, du processus de leur composition, et des Sonnets \u00e0 Orph\u00e9e, et du processus de leur composition. Nous avons discut\u00e9 du processus de composition po\u00e9tique en g\u00e9n\u00e9ral afin de mieux comprendre la remarque de Keats dans la c\u00e9l\u00e8bre lettre \u00e0 John Taylor du 27 f\u00e9vrier 1818, selon laquelle <strong>\"Si la po\u00e9sie ne vient pas aussi naturellement que le cong\u00e9 \u00e0 un arbre, il vaut mieux qu'elle ne vienne pas du tout.\"<\/strong> \u00c0 cet \u00e9gard, j'ai mentionn\u00e9, en guise de br\u00e8ve digression, le po\u00e8te, romancier et critique litt\u00e9raire britannique Robert Graves (notamment, <em>La D\u00e9esse Blanche<\/em>) - et aussi Owen Barfield.<\/p>\n<p>J'ai consacr\u00e9 du temps \u00e0 la lecture et \u00e0 la discussion de \"La Belle Dame sans Merci : une ballade\" et \"Ode \u00e0 un rossignol\". Nous n'avons pas eu le temps d'expliquer d'autres po\u00e8mes parce que je devais pr\u00e9senter les lettres pertinentes qui offrent tant d'informations sur le processus po\u00e9tique et le caract\u00e8re et la t\u00e2che du po\u00e8te - encore une fois, j'ai essay\u00e9 d'expliquer la continuit\u00e9 entre Novalis et Keats en ce qui concerne leur utilisation de la langue anglaise. <strong>la po\u00e9sie comme heuristique ou m\u00e9thode de recherche spirituelle<\/strong> - comment ils ont \u00e9labor\u00e9 une po\u00e9sie de l'incarnation en contradiction avec l'\u00e9pist\u00e8me des Lumi\u00e8res qui met l'accent sur la rationalit\u00e9 \"d\u00e9sincarn\u00e9e\" et sa tendance \u00e0 l'abstraction et \u00e0 l'id\u00e9ologie st\u00e9rile. Ce sujet de l'incarnation semblait particuli\u00e8rement pertinent \u00e0 discuter lors de la mar\u00e9e de Michaelmas, avec son accent sur la pens\u00e9e du c\u0153ur (comme pr\u00e9sent\u00e9 dans le cycle Michaelmas and the Human Gem\u00fct, par exemple - un cycle de conf\u00e9rences qui a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 lors du r\u00e9cent \u00e9v\u00e9nement de la Branche Faust).<\/p>\n<p>Et bien s\u00fbr, il serait impossible de pr\u00e9senter Keats sans d\u00e9cortiquer l'utilisation que fait Keats du terme <strong>\"Capacit\u00e9 n\u00e9gative\".<\/strong> Comme Gayle nous l'a rappel\u00e9 \u00e0 la fin de la soir\u00e9e, ces remarquables po\u00e8tes du Zeitgeist romantique - Keats et Novalis - sont n\u00e9s avant l'\u00e2ge de la lumi\u00e8re. Peut-\u00eatre pouvons-nous parvenir \u00e0 une compr\u00e9hension plus nuanc\u00e9e de leurs destins en gardant cette pens\u00e9e \u00e0 l'esprit.<\/p>\n<p>La soir\u00e9e s'est termin\u00e9e par un bref aper\u00e7u des principaux \u00e9v\u00e9nements de la biographie de Keats. J'ai fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 William Hazlitt et William Wordsworth, et j'ai fait une l\u00e9g\u00e8re tentative pour opposer Keats \u00e0 Byron et Shelley, mais il nous faudra quelques soir\u00e9es de plus pour cette aventure, si elle a lieu. Cela dit, lors de futures \"discussions de cuisine\", je pr\u00e9vois de pr\u00e9senter Byron et Shelley, puis de revenir \u00e0 Blake, qui est \u00e0 l'origine de tout ce tumulte. J'esp\u00e8re aussi, un jour, inclure dans notre aimable cohorte de pionniers romantiques d'autres personnes que ces seuls Britanniques. En particulier : Novalis, Tieck, E.T.A. Hoffmann, et bien s\u00fbr Schiller. Nous verrons ce qui est possible.<\/p>\n<p>La soir\u00e9e s'est termin\u00e9e par ce remarquable fragment que Keats a \u00e9crit \u00e0 la fin de sa courte vie :<\/p>\n<blockquote><p><em>Cette main vivante, maintenant chaude et capable<\/em><br \/>\n<em>d'une saisie sinc\u00e8re, qui, si elle \u00e9tait froide.<\/em><br \/>\n<em>Et dans le silence glacial de la tombe,<\/em><br \/>\n<em>Alors, hante tes jours et refroidit tes nuits de r\u00eave.<\/em><br \/>\n<em>que tu voudrais que ton propre coeur soit vid\u00e9 de son sang,<\/em><br \/>\n<em>Pour que la vie rouge coule \u00e0 nouveau dans mes veines,<\/em><br \/>\n<em>Et que ta conscience s'apaise. Regarde, c'est ici -<\/em><br \/>\n<em>Je le tiens vers vous.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>- John Keats<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\"La beaut\u00e9 est la v\u00e9rit\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9 est la beaut\u00e9, c'est tout.<\/em><br \/>\n<em>Vous savez sur terre, et tout ce que vous avez besoin de savoir.\"<\/em><br \/>\n<em><strong>- John Keats<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>\"On s'efforcera de faire de la beaut\u00e9 le m\u00e9diateur de la v\u00e9rit\u00e9, et par la v\u00e9rit\u00e9 de donner \u00e0 la beaut\u00e9 un fondement permanent et une dignit\u00e9 sup\u00e9rieure.\"<\/em><br \/>\n<strong><em>- Friedrich Schiller<\/em><\/strong><\/p><\/blockquote>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201cMusic\u201d by Henri Matisse Heard melodies are sweet, but those unheard Are sweeter; therefore, ye soft pipes, play on; Not to the sensual ear, but, more endear&#8217;d, Pipe to the spirit ditties of no tone . . . \u2014 John Keats At our \u201ckitchen talk\u201d and Section meeting on September 28, 2019 we discussed the [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1722,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":["post-1720","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-meeting-summaries"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1720"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1720\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1722"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}