{"id":3610,"date":"2022-04-21T14:21:10","date_gmt":"2022-04-21T21:21:10","guid":{"rendered":"https:\/\/theliteraryarts.com\/?p=3610"},"modified":"2026-03-21T18:20:26","modified_gmt":"2026-03-22T01:20:26","slug":"ascent-of-mont-ventoux-by-petrarch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/ascent-of-mont-ventoux-by-petrarch\/","title":{"rendered":"Ascension du Mont Ventoux \/ par P\u00e9trarque"},"content":{"rendered":"<p><strong>26 avril 1336<\/strong><\/p>\n<p><strong>Aujourd'hui, j'ai fait l'ascension de la plus haute montagne de cette r\u00e9gion,<\/strong> qui n'est pas improprement appel\u00e9 Ventosum. Mon seul motif \u00e9tait le d\u00e9sir de voir ce qu'une si grande \u00e9l\u00e9vation avait \u00e0 offrir. J'avais cette exp\u00e9dition en t\u00eate depuis de nombreuses ann\u00e9es ; car, comme vous le savez, j'ai v\u00e9cu dans cette r\u00e9gion depuis mon enfance, ayant \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 ici par ce destin qui d\u00e9termine les affaires des hommes. Par cons\u00e9quent, la montagne, qui est visible de tr\u00e8s loin, \u00e9tait toujours devant mes yeux, et j'ai con\u00e7u le plan de faire un jour ce que j'ai enfin accompli aujourd'hui. Cette id\u00e9e s'est impos\u00e9e \u00e0 moi avec une force particuli\u00e8re lorsque, en relisant hier l'Histoire de Rome de Tite-Live, je suis tomb\u00e9 sur l'endroit o\u00f9 Philippe de Mac\u00e9doine, celui-l\u00e0 m\u00eame qui fit la guerre aux Romains, monta sur le mont Haemus en Thessalie, du sommet duquel il pouvait, dit-on, voir deux mers, l'Adriatique et l'Euxine. Je n'ai pas pu d\u00e9terminer si cela est vrai ou faux, car la montagne est trop \u00e9loign\u00e9e et les auteurs ne sont pas d'accord. Pomponius Mela, le cosmographe - pour ne pas mentionner d'autres qui ont parl\u00e9 de cet \u00e9v\u00e9nement - admet sa v\u00e9rit\u00e9 sans h\u00e9sitation ; Tite-Live, par contre, le consid\u00e8re comme faux. Je n'aurais certainement pas laiss\u00e9 la question longtemps dans le doute, si cette montagne avait \u00e9t\u00e9 aussi facile \u00e0 explorer que celle-ci. Laissons cependant cette question de c\u00f4t\u00e9 et revenons \u00e0 ma montagne ici, - il me semble qu'un jeune homme dans la vie priv\u00e9e peut bien \u00eatre excus\u00e9 de tenter ce qu'un roi \u00e2g\u00e9 pourrait entreprendre sans susciter de critiques.<\/p>\n<div id=\"attachment_3617\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3617\" class=\"wp-image-3617 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0648.jpeg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"1191\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0648.jpeg 900w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0648-480x635.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 900px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-3617\" class=\"wp-caption-text\"><strong>P\u00e9trarque<\/strong><\/p><\/div>\n<p><strong>Quand j'en suis venu \u00e0 chercher un compagnon<\/strong> J'ai trouv\u00e9, bizarrement, que pratiquement aucun de mes amis ne me convenait, tant il est rare de rencontrer la bonne combinaison de go\u00fbts et de caract\u00e9ristiques personnelles, m\u00eame parmi ceux qui nous sont les plus chers. Celui-ci \u00e9tait trop apathique, celui-l\u00e0 trop anxieux ; celui-l\u00e0 trop lent, celui-l\u00e0 trop press\u00e9 ; l'un \u00e9tait trop triste, l'autre trop gai ; l'un plus simple, l'autre plus sagace, que je ne le d\u00e9sirais. Je craignais la taciturnit\u00e9 de celui-ci et la loquacit\u00e9 de celui-l\u00e0. La lourde d\u00e9lib\u00e9ration des uns me rebutait autant que la maigre incapacit\u00e9 des autres. Je rejetais ceux qui \u00e9taient susceptibles de m'irriter par un froid manque d'int\u00e9r\u00eat, comme ceux qui pouvaient me lasser par leur enthousiasme excessif. De tels d\u00e9fauts, si graves soient-ils, pouvaient \u00eatre support\u00e9s \u00e0 la maison, car la charit\u00e9 souffre tout, et l'amiti\u00e9 accepte tout fardeau ; mais il en est tout autrement en voyage, o\u00f9 chaque faiblesse devient beaucoup plus grave. Aussi, comme j'avais le go\u00fbt du plaisir et que je tenais \u00e0 ce qu'il soit sans r\u00e9serve, j'ai regard\u00e9 autour de moi avec une attention inhabituelle, j'ai mis en balance les diverses caract\u00e9ristiques de mes amis et, sans commettre de manquement \u00e0 l'amiti\u00e9, j'ai silencieusement condamn\u00e9 tous les traits qui pourraient se r\u00e9v\u00e9ler d\u00e9sagr\u00e9ables en chemin. Et le croiriez-vous ? - Je me suis finalement tourn\u00e9 vers la maison pour obtenir de l'aide, et j'ai propos\u00e9 l'ascension \u00e0 mon unique fr\u00e8re, qui est plus jeune que moi, et que vous connaissez bien. Il \u00e9tait ravi et gratifi\u00e9 au-del\u00e0 de toute mesure \u00e0 l'id\u00e9e de tenir la place d'un ami aussi bien que d'un fr\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 l'heure fix\u00e9e, nous avons quitt\u00e9 la maison et, dans la soir\u00e9e, nous avons atteint Malaucene.<\/strong>qui se trouve au pied de la montagne, au nord. Apr\u00e8s nous y \u00eatre repos\u00e9s un jour, nous avons finalement entrepris l'ascension ce matin, sans autre compagnon que deux domestiques, et ce fut une t\u00e2che des plus difficiles. La montagne est une masse tr\u00e8s abrupte et presque inaccessible de sol pierreux. Mais, comme l'a bien dit le po\u00e8te, \"le labeur sans remords conquiert tout\". La journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 longue, l'air fin. Nous jouissions des avantages de la vigueur d'esprit, de la force et de l'agilit\u00e9 du corps, et de tout ce qui est essentiel \u00e0 ceux qui s'engagent dans une telle entreprise ; nous n'avions donc pas d'autres difficult\u00e9s \u00e0 affronter que celles de la r\u00e9gion elle-m\u00eame. Nous avons trouv\u00e9 un vieux berger dans l'un des vallons de la montagne, qui a essay\u00e9, longuement, de nous dissuader de l'ascension, en disant qu'une cinquantaine d'ann\u00e9es auparavant, il avait, dans la m\u00eame ardeur de jeunesse, atteint le sommet, mais n'avait obtenu pour ses peines que de la fatigue et du regret, et des v\u00eatements et un corps d\u00e9chir\u00e9s par les rochers et les ronces. Personne, autant que lui ou ses compagnons le sachent, n'avait jamais tent\u00e9 l'ascension avant ou apr\u00e8s lui. Mais ses conseils augmentaient plut\u00f4t qu'ils ne diminuaient notre d\u00e9sir de poursuivre, car la jeunesse se m\u00e9fie des avertissements. Ainsi, le vieil homme, constatant que ses efforts \u00e9taient vains, fit un peu de chemin avec nous, et nous indiqua un sentier accident\u00e9 parmi les rochers, en pronon\u00e7ant de nombreuses admonestations, qu'il continua \u00e0 nous adresser m\u00eame apr\u00e8s que nous l'e\u00fbmes laiss\u00e9 derri\u00e8re nous. Nous lui rem\u00eemes tous les v\u00eatements ou autres biens qui pouvaient nous \u00eatre p\u00e9nibles, et nous nous pr\u00e9par\u00e2mes pour l'ascension, et nous part\u00eemes \u00e0 un bon rythme. Mais, comme cela se produit habituellement, la fatigue a rapidement suivi notre effort excessif, et nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s au sommet d'une certaine falaise. En recommen\u00e7ant, nous allions plus lentement, et j'avan\u00e7ais surtout sur le chemin rocheux d'un pas plus d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Tandis que mon fr\u00e8re choisissait un chemin direct vers le haut de la cr\u00eate, je prenais faiblement un chemin plus facile qui descendait vraiment. Lorsqu'on m'a rappel\u00e9 et qu'on m'a montr\u00e9 le bon chemin, j'ai r\u00e9pondu que j'esp\u00e9rais trouver un meilleur chemin de l'autre c\u00f4t\u00e9, et que cela ne me d\u00e9rangeait pas d'aller plus loin si le chemin \u00e9tait seulement moins raide. Ce n'\u00e9tait qu'une excuse pour ma paresse, et quand les autres avaient d\u00e9j\u00e0 atteint une hauteur consid\u00e9rable, j'errais encore dans les vall\u00e9es. Je n'avais pas r\u00e9ussi \u00e0 trouver un chemin plus facile, et je n'avais fait qu'augmenter la distance et la difficult\u00e9 de l'ascension. Enfin, je me d\u00e9go\u00fbtai du chemin compliqu\u00e9 que j'avais choisi, et r\u00e9solus de monter sans plus attendre. Lorsque je rejoignis mon fr\u00e8re, qui, en m'attendant, avait eu amplement l'occasion de se reposer, j'\u00e9tais fatigu\u00e9 et irrit\u00e9. Nous march\u00e2mes quelque temps ensemble, mais \u00e0 peine e\u00fbmes-nous d\u00e9pass\u00e9 le premier \u00e9peron que j'oubliai le chemin d\u00e9tourn\u00e9 que je venais d'essayer pour en reprendre un plus bas. Une fois de plus, je suivis un chemin facile et d\u00e9tourn\u00e9 \u00e0 travers des vall\u00e9es sinueuses, pour me retrouver bient\u00f4t dans mon ancienne difficult\u00e9. J'essayais simplement d'\u00e9viter l'effort de la mont\u00e9e ; mais aucune ing\u00e9niosit\u00e9 humaine ne peut modifier la nature des choses, ni faire en sorte qu'une chose atteigne une hauteur en descendant. Il suffit de dire qu'\u00e0 ma grande vexation et \u00e0 l'amusement de mon fr\u00e8re, je fis cette m\u00eame erreur trois fois ou plus pendant quelques heures.<\/p>\n<div id=\"attachment_3618\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3618\" class=\"wp-image-3618 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0647.jpeg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"1373\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0647.jpeg 900w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0647-480x732.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 900px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-3618\" class=\"wp-caption-text\"><strong>P\u00e9trarque transperc\u00e9 par la fl\u00e8che de l'amour<\/strong><\/p><\/div>\n<p><strong>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 fr\u00e9quemment tromp\u00e9 de cette fa\u00e7on<\/strong>J'ai fini par m'asseoir dans une vall\u00e9e et j'ai transf\u00e9r\u00e9 mes pens\u00e9es ail\u00e9es des choses corporelles vers l'immat\u00e9riel, en m'adressant \u00e0 moi-m\u00eame comme suit \"Ce que tu as exp\u00e9riment\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises aujourd'hui dans l'ascension de cette montagne, t'arrive, comme \u00e0 beaucoup, dans le voyage vers la vie b\u00e9nie. Mais les hommes ne le per\u00e7oivent pas si facilement, car les mouvements du corps sont \u00e9vidents et ext\u00e9rieurs, tandis que ceux de l'\u00e2me sont invisibles et cach\u00e9s. Oui, la vie que nous appelons bienheureuse est \u00e0 chercher sur une haute \u00e9minence, et le chemin qui y m\u00e8ne est \u00e9troit. Les collines qui se trouvent entre les deux sont nombreuses, et nous devons monter, par un escalier glorieux, de force en force. Au sommet se trouve \u00e0 la fois la fin de nos luttes et le but que nous poursuivons. Tous d\u00e9sirent atteindre ce but, mais, comme le dit Ovide, \"d\u00e9sirer est peu de chose ; nous devons d\u00e9sirer avec la plus grande ardeur atteindre notre but\". Il est certain que tu d\u00e9sires ardemment, et que tu souhaites simplement, \u00e0 moins que tu ne te trompes sur ce point, comme sur tant d'autres. Qu'est-ce qui te retient donc ? Rien, assur\u00e9ment, si ce n'est que tu emprunterais un chemin qui semble, \u00e0 premi\u00e8re vue, plus facile, passant par des plaisirs bas et mondains. Et pourtant, \u00e0 la fin, apr\u00e8s de longues p\u00e9r\u00e9grinations, il te faudra bien gravir le chemin le plus escarp\u00e9, sous le poids de t\u00e2ches sottement diff\u00e9r\u00e9es, jusqu'\u00e0 son aboutissement b\u00e9ni, ou bien te coucher dans la vall\u00e9e de tes p\u00e9ch\u00e9s, et (j'en fr\u00e9mis d'avance !), si l'ombre de la mort t'atteint, passer une nuit \u00e9ternelle au milieu de tourments constants.\" Ces pens\u00e9es stimulaient le corps et l'esprit \u00e0 un degr\u00e9 merveilleux pour affronter les difficult\u00e9s qui restaient encore. Oh, si je pouvais traverser en esprit cette autre route \u00e0 laquelle j'aspire jour et nuit, comme aujourd'hui je surmonte les obstacles mat\u00e9riels par mes efforts corporels ! Et je ne sais pas pourquoi ce ne serait pas beaucoup plus facile, puisque l'\u00e2me immortelle et rapide peut atteindre son but en un clin d'\u0153il, sans passer par l'espace, tandis que mon progr\u00e8s aujourd'hui \u00e9tait n\u00e9cessairement visible, d\u00e9pendant comme je l'\u00e9tais d'un corps d\u00e9faillant alourdi par de lourds membres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_3616\" style=\"width: 410px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3616\" class=\"wp-image-3616 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Francesco_Petrarca01.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"499\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Francesco_Petrarca01.jpg 400w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Francesco_Petrarca01-240x300.jpg 240w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Francesco_Petrarca01-10x12.jpg 10w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><p id=\"caption-attachment-3616\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Laura<\/strong><\/p><\/div>\n<p><strong>Un sommet de la montagne, le plus haut de tous, le pays que les gens appellent \"Sonny\".<\/strong> Je ne sais pas pourquoi, sauf par antiphrase, comme je l'ai parfois soup\u00e7onn\u00e9 dans d'autres cas ; car le pic en question semble \u00eatre le p\u00e8re de tous ceux qui l'entourent. Sur son sommet se trouve une petite place plane, et c'est l\u00e0 que nous avons pu enfin reposer nos corps fatigu\u00e9s.<br \/>\nMaintenant, mon p\u00e8re, puisque vous avez suivi les pens\u00e9es qui m'ont pouss\u00e9 dans mon ascension, \u00e9coutez le reste de l'histoire, et consacrez une heure, je vous prie, \u00e0 revoir les exp\u00e9riences de toute ma journ\u00e9e. Au d\u00e9but, \u00e0 cause de la qualit\u00e9 inhabituelle de l'air et de l'effet de la vue \u00e9tendue qui s'offrait \u00e0 moi, je me tenais comme un \u00e9tourdi. Je voyais les nuages sous nos pieds, et ce que j'avais lu sur l'Athos et l'Olympe me paraissait moins incroyable lorsque je voyais les m\u00eames choses depuis une montagne moins connue. J'ai tourn\u00e9 mes yeux vers l'Italie, o\u00f9 mon c\u0153ur penchait le plus. Les Alpes, accident\u00e9es et couvertes de neige, semblaient s'\u00e9lever tout pr\u00e8s, bien qu'elles fussent en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une grande distance ; ces m\u00eames Alpes \u00e0 travers lesquelles ce f\u00e9roce ennemi du nom romain se fraya un jour un chemin, faisant \u00e9clater les rochers, si l'on en croit le r\u00e9cit, par l'application de vinaigre. J'ai soupir\u00e9, je dois l'avouer, pour les cieux de l'Italie, que je voyais plut\u00f4t avec mon esprit qu'avec mes yeux. Un d\u00e9sir inexprimable me prenait de revoir mon ami et mon pays. En m\u00eame temps, je me reprochais cette double faiblesse, qui provenait d'une \u00e2me non encore endurcie par une r\u00e9sistance virile. Et pourtant, il y avait des excuses pour ces deux d\u00e9sirs, et un certain nombre d'\u00e9crivains distingu\u00e9s pouvaient \u00eatre appel\u00e9s \u00e0 me soutenir.<\/p>\n<p><strong>Puis une nouvelle id\u00e9e a pris possession de moi,<\/strong> et j'ai chang\u00e9 mes pens\u00e9es en consid\u00e9rant le temps plut\u00f4t que le lieu. \"Il y a aujourd'hui dix ans qu'apr\u00e8s avoir termin\u00e9 tes \u00e9tudes de jeunesse, tu as quitt\u00e9 Bologne. Dieu \u00e9ternel ! Au nom de l'immuable sagesse, pense aux changements qui se sont produits dans ton caract\u00e8re pendant cette p\u00e9riode ! Je passe sur mille exemples. Je ne suis pas encore dans un port s\u00fbr o\u00f9 je puisse me rappeler tranquillement les temp\u00eates pass\u00e9es. Le temps viendra peut-\u00eatre o\u00f9 je pourrai passer en revue, dans l'ordre, toutes les exp\u00e9riences du pass\u00e9, en disant avec saint Augustin : \"Je d\u00e9sire me souvenir de mes actions inf\u00e2mes et de la corruption charnelle de mon \u00e2me, non pas parce que je les aime, mais pour pouvoir t'aimer davantage, \u00f4 mon Dieu\". Beaucoup de choses douteuses et mauvaises s'accrochent encore \u00e0 moi, mais ce que j'aimais autrefois, je ne l'aime plus. Et pourtant, que dis-je ? Je l'aime encore, mais avec honte, mais avec un c\u0153ur lourd. Maintenant, enfin, j'ai confess\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9. C'est ainsi. J'aime, mais j'aime ce que je ne voudrais pas aimer, ce que je voudrais d\u00e9tester. Bien que je r\u00e9pugne \u00e0 le faire, bien que je sois contraint, bien que je sois triste et afflig\u00e9, j'aime quand m\u00eame, et je ressens dans ma mis\u00e9rable personne la v\u00e9rit\u00e9 de ces mots bien connus : \"Je ha\u00efrai si je le peux ; sinon, j'aimerai contre ma volont\u00e9\". Trois ans ne se sont pas encore \u00e9coul\u00e9s depuis que cette passion perverse et m\u00e9chante, qui s'\u00e9tait empar\u00e9e de moi et r\u00e9gnait sans partage dans mon c\u0153ur, a commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9couvrir un adversaire rebelle, qui ne voulait plus c\u00e9der \u00e0 l'ob\u00e9issance. Ces deux adversaires se sont associ\u00e9s dans un combat serr\u00e9 pour la supr\u00e9matie, et depuis longtemps d\u00e9j\u00e0 une guerre harassante et douteuse se d\u00e9roule dans le champ de mes pens\u00e9es.\"<\/p>\n<div id=\"attachment_3619\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3619\" class=\"wp-image-3619 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0641.jpeg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"1240\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0641.jpeg 900w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/IMG_0641-480x661.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 900px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-3619\" class=\"wp-caption-text\"><strong>P\u00e9trarque en arbre chantant<\/strong><\/p><\/div>\n<p><strong>J'ai donc pass\u00e9 en revue les dix derni\u00e8res ann\u00e9es dans mon esprit.<\/strong>Puis, fixant mon regard anxieux sur l'avenir, je me demandai : \" Si, par hasard, tu prolongeais ta vie incertaine pendant encore deux lustres, et si tu faisais un progr\u00e8s vers la vertu proportionnel \u00e0 la distance \u00e0 laquelle tu t'es \u00e9cart\u00e9 de ton engouement originel au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, depuis que le nouveau d\u00e9sir a rencontr\u00e9 l'ancien, pourrais-tu, en atteignant ta quaranti\u00e8me ann\u00e9e, affronter la mort, sinon<br \/>\navec une totale assurance, du moins avec espoir, en \u00e9cartant calmement de tes pens\u00e9es le r\u00e9sidu de la vie qui s'efface dans la vieillesse ?\"<\/p>\n<p><strong>Ces r\u00e9flexions et d'autres semblables m'ont travers\u00e9 l'esprit, mon p\u00e8re. Je me r\u00e9jouissais de mes progr\u00e8s<\/strong>J'avais presque oubli\u00e9 o\u00f9 je me trouvais et le but de notre visite. J'avais presque oubli\u00e9 o\u00f9 j'\u00e9tais et le but de notre visite ; mais enfin, j'ai \u00e9cart\u00e9 mes inqui\u00e9tudes, qui convenaient mieux \u00e0 un autre environnement, et j'ai r\u00e9solu de regarder autour de moi et de voir ce que nous \u00e9tions venus voir. Le soleil qui descendait et les ombres qui s'allongeaient sur la montagne nous avertissaient d\u00e9j\u00e0 que le moment \u00e9tait proche o\u00f9 nous devions partir. Comme si j'\u00e9tais soudainement tir\u00e9 du sommeil, je me suis retourn\u00e9 et j'ai regard\u00e9 vers l'ouest. Je n'arrivais pas \u00e0 discerner les sommets des Pyr\u00e9n\u00e9es, qui forment la barri\u00e8re entre la France et l'Espagne, non pas \u00e0 cause d'un obstacle quelconque que je connaisse, mais simplement \u00e0 cause de l'insuffisance de notre vision mortelle. Mais j'apercevais avec la plus grande nettet\u00e9, \u00e0 droite, les montagnes de la r\u00e9gion lyonnaise, et \u00e0 gauche la rade de Marseille et les eaux qui fouettent les rivages d'Aigues Mortes, bien que tous ces lieux fussent si \u00e9loign\u00e9s qu'il fallait un voyage de plusieurs jours pour les atteindre. Sous nos yeux coulait le Rh\u00f4ne.<\/p>\n<p><strong>Pendant que je divisais ainsi mes pens\u00e9es,<\/strong> Maintenant que je tournais mon attention vers quelque objet terrestre qui se trouvait devant moi, maintenant que j'\u00e9levais mon \u00e2me, comme je l'avais fait pour mon corps, vers des plans plus \u00e9lev\u00e9s, il me vint \u00e0 l'esprit de regarder dans mon exemplaire des Confessions de Saint Augustin, un cadeau que je dois \u00e0 votre amour, et que j'ai toujours sur moi, en m\u00e9moire de l'auteur et du donateur. J'ai ouvert le petit volume compact, petit certes, mais d'un charme infini, avec l'intention de lire ce qui me tombait sous la main, car je ne pouvais rien trouver qui ne soit \u00e9difiant et pieux. Or, il se trouva que le dixi\u00e8me livre se pr\u00e9sentait. Mon fr\u00e8re, qui attendait que je lui dise quelque chose de saint Augustin, se tenait l\u00e0, attentif. Je l'appelle, et Dieu aussi, \u00e0 t\u00e9moigner que l\u00e0 o\u00f9 j'ai fix\u00e9 mes yeux pour la premi\u00e8re fois, il \u00e9tait \u00e9crit : \"Et les hommes vont s'\u00e9merveiller des hauteurs des montagnes, et des puissantes vagues de la mer, et de la large \u00e9tendue des fleuves, et du circuit de l'oc\u00e9an, et de la r\u00e9volution des \u00e9toiles, mais eux-m\u00eames ne consid\u00e8rent pas.\" J'\u00e9tais abasourdi et, demandant \u00e0 mon fr\u00e8re (qui avait h\u00e2te d'en savoir plus) de ne pas m'ennuyer, je fermai le livre, f\u00e2ch\u00e9 contre moi-m\u00eame d'admirer encore des choses terrestres alors que j'aurais pu apprendre depuis longtemps des philosophes pa\u00efens que rien n'est merveilleux sauf l'\u00e2me, qui, lorsqu'elle est grande elle-m\u00eame, ne trouve rien de grand en dehors d'elle-m\u00eame. Alors, en v\u00e9rit\u00e9, je fus convaincu que j'avais assez vu la montagne ; je tournai mon regard vers l'int\u00e9rieur de moi-m\u00eame, et \u00e0 partir de ce moment, pas une syllabe ne sortit de mes l\u00e8vres jusqu'\u00e0 ce que nous ayons atteint le fond. Ces mots m'avaient suffisamment occup\u00e9, car je ne pouvais croire que c'\u00e9tait par hasard que je les avais trouv\u00e9s. Je croyais que ce que j'avais lu l\u00e0 m'\u00e9tait adress\u00e9 \u00e0 moi et \u00e0 personne d'autre, me rappelant que saint Augustin avait un jour soup\u00e7onn\u00e9 la m\u00eame chose dans son propre cas, lorsque, en ouvrant le livre de l'Ap\u00f4tre, comme il nous le dit lui-m\u00eame, les premiers mots qu'il y vit furent : \"Ne vous livrez pas \u00e0 l'\u00e9meute et \u00e0 l'ivrognerie, \u00e0 la d\u00e9bauche et \u00e0 l'impudicit\u00e9, aux querelles et \u00e0 l'envie. Mais rev\u00eatez le Seigneur J\u00e9sus-Christ, et ne faites pas provision pour la chair, pour en satisfaire les d\u00e9sirs.\"<\/p>\n<div id=\"attachment_3615\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3615\" class=\"wp-image-3615 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Fra_angelico_-_conversion_de_saint_augustin.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"562\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Fra_angelico_-_conversion_de_saint_augustin.jpg 900w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Fra_angelico_-_conversion_de_saint_augustin-480x300.jpg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 900px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-3615\" class=\"wp-caption-text\"><strong>La conversion d'Augustin<\/strong><\/p><\/div>\n<p><strong>La m\u00eame chose est arriv\u00e9e plus t\u00f4t \u00e0 St. Anthony,<\/strong> alors qu'il \u00e9coutait l'\u00c9vangile o\u00f9 il est \u00e9crit : \" Si tu veux \u00eatre parfait, va vendre ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un tr\u00e9sor dans le ciel ; puis viens et suis-moi \". Croyant que cette \u00e9criture avait \u00e9t\u00e9 lue pour son b\u00e9n\u00e9fice particulier, comme le dit son biographe Athanase, il se guida par son aide vers le Royaume des Cieux. Et comme Antoine, en entendant ces paroles, n'attendait rien de plus, et comme Augustin, en lisant l'avertissement de l'Ap\u00f4tre, ne cherchait pas plus loin, ainsi j'ai conclu ma lecture par les quelques mots que j'ai donn\u00e9s. J'ai pens\u00e9 en silence \u00e0 l'absence de bon cousinage chez nous, mortels, qui n\u00e9gligeons ce qu'il y a de plus noble en nous, dispersons nos \u00e9nergies dans toutes les directions, et nous gaspillons dans un vain spectacle, parce que nous cherchons autour de nous ce qui ne se trouve qu'en nous. Je me suis \u00e9tonn\u00e9 de la noblesse naturelle de notre \u00e2me, sauf lorsqu'elle s'avilit de son propre gr\u00e9, et qu'elle d\u00e9serte son domaine originel, transformant en d\u00e9shonneur ce que Dieu lui a donn\u00e9 pour son honneur. Combien de fois, pensez-vous, me suis-je retourn\u00e9 ce jour-l\u00e0, pour jeter un coup d'\u0153il sur le sommet de la montagne qui me paraissait \u00e0 peine haut d'une coud\u00e9e par rapport \u00e0 l'\u00e9tendue de la contemplation humaine, - quand il n'est pas plong\u00e9 dans l'immonde fange de la terre ? A chaque pas vers le bas, je me demandais ceci : Si nous sommes pr\u00eats \u00e0 endurer tant de sueurs et de travaux pour rapprocher un peu nos corps du ciel, comment une \u00e2me qui lutte vers Dieu, en gravissant les marches de l'orgueil humain et de la destin\u00e9e humaine, peut-elle craindre une croix, une prison ou un aiguillon de la fortune ? Combien peu, pensais-je, sont d\u00e9tourn\u00e9s de leur chemin par la crainte des difficult\u00e9s ou l'amour de la facilit\u00e9 ! Que le sort de ces quelques personnes, s'il y en a, est heureux ! C'est \u00e0 eux, assur\u00e9ment, que le po\u00e8te pensait quand il a \u00e9crit :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Heureux l'homme qui est capable de comprendre<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Les causes cach\u00e9es de la nature, qui sous ses pieds<\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Toutes les terreurs et l'implacable destin de la mort, <\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Et le grand rugissement de l'Ach\u00e9ron avide.<\/strong><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Combien sinc\u00e8rement devrions-nous nous efforcer<\/strong>Il ne s'agit pas de se tenir au sommet des montagnes, mais de fouler aux pieds les app\u00e9tits qui naissent des pulsions terrestres !<\/p>\n<p><strong>Sans aucune conscience des difficult\u00e9s du chemin<\/strong>Au milieu de ces pr\u00e9occupations que j'ai si franchement r\u00e9v\u00e9l\u00e9es, nous sommes arriv\u00e9s, longtemps apr\u00e8s la nuit, mais avec la pleine lune qui nous pr\u00eatait sa lumi\u00e8re amicale, \u00e0 la petite auberge que nous avions quitt\u00e9e ce matin-l\u00e0 avant l'aube. Le temps pendant lequel les domestiques \u00e9taient occup\u00e9s \u00e0 pr\u00e9parer notre souper, je l'ai pass\u00e9 dans une partie retir\u00e9e de la maison, notant \u00e0 la h\u00e2te ces exp\u00e9riences sur l'impulsion du moment, de peur que, si ma t\u00e2che \u00e9tait report\u00e9e, mon humeur ne change en quittant les lieux, et que mon int\u00e9r\u00eat pour l'\u00e9criture ne s'affaiblisse.<br \/>\nVous verrez, mon tr\u00e8s cher p\u00e8re, que je ne veux rien vous cacher, car j'ai soin de vous d\u00e9crire non seulement ma vie en g\u00e9n\u00e9ral, mais m\u00eame mes r\u00e9flexions individuelles. Et je vous prie, \u00e0 votre tour, de prier pour que mes pens\u00e9es vagues et vagabondes puissent un jour se fixer solidement, et qu'apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 vainement ballott\u00e9es d'un int\u00e9r\u00eat \u00e0 l'autre, elles se dirigent enfin vers le bien unique, vrai, certain et \u00e9ternel.<\/p>\n<p>Malaucene, le 26 avril.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">De James Harvey Robinson, ed. et trans.<br \/>\nP\u00e9trarque : Le premier \u00e9rudit et homme de lettres moderne<br \/>\n(New York : G.P. Putnam, 1898)<\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Pages connexes :<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size: 14pt;\"><a href=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/celebrating-the-mountain-all-souls-week-2021-poets-in-landscapes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">C\u00e9l\u00e9bration de la montagne : 2021 Circumambulation de toutes les \u00e2mes du Mont Tamalpais<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong><a href=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/10-views\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">10 Vues vers Grail et Tamalpais<\/a><\/strong><\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>April 26, 1336 Today I made the ascent of the highest mountain in this region, which is not improperly called Ventosum. My only motive was the wish to see what so great an elevation had to offer. 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