{"id":6061,"date":"2025-08-26T00:34:12","date_gmt":"2025-08-26T07:34:12","guid":{"rendered":"https:\/\/theliteraryarts.com\/?p=6061"},"modified":"2025-12-11T08:09:11","modified_gmt":"2025-12-11T16:09:11","slug":"the-poet-and-the-dead-by-albert-steffen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/the-poet-and-the-dead-by-albert-steffen\/","title":{"rendered":"\"Le po\u00e8te et le mort\" par Albert Steffen"},"content":{"rendered":"<h6 style=\"text-align: right;\"><strong>\u0152uvre d'art : \"Monolithe X\" par Marion Donehower<\/strong><\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Lors de la r\u00e9union de la section du 24 f\u00e9vrier 2024, nous avons discut\u00e9 du th\u00e8me du modernisme litt\u00e9raire en relation avec les exp\u00e9riences de seuil et la perte d'\u00e2me. Divers po\u00e8tes et romanciers modernistes du XXe si\u00e8cle ont \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s. Cet essai d'Albert Steffen, bien qu'il n'ait pas \u00e9t\u00e9 discut\u00e9 directement lors de notre r\u00e9union en raison du manque de temps, aborde le sujet que nous avons examin\u00e9.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"&quot;Le po\u00e8te et les morts\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/927804504?dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"1080\" height=\"608\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center;\"><strong>Le po\u00e8te et les morts<\/strong><\/h3>\n<p><strong>\"Il y a eu des \u00e9poques dans l'\u00e9volution de l'humanit\u00e9 o\u00f9 la relation avec les morts \u00e9tait plus importante que celle avec les vivants. <\/strong>Les lieux de repos des morts n'\u00e9taient pas seulement des tombes pour leurs corps physiques, mais aussi des habitations pour leurs \u00e2mes spirituelles. En tant que telles, elles \u00e9taient construites de mani\u00e8re plus permanente que leurs maisons terrestres. Elles \u00e9taient \u00e9rig\u00e9es selon des mesures qui \u00e9taient lues \u00e0 partir de la position des \u00e9toiles et des mouvements du soleil. Dans le cosmos dont ils refl\u00e9taient l'image, les \u00eatres humains, qui avaient franchi les portes de la mort, rencontraient les dieux, qui n'avaient jamais franchi le seuil de la naissance. Les hi\u00e9rarchies c\u00e9lestes, dans les rangs desquelles les d\u00e9funts \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s, ordonnaient la communaut\u00e9 terrestre qui se r\u00e9unissait devant l'autel. Par les portes du temple, les morts, honor\u00e9s comme des h\u00e9ros, s'avan\u00e7aient dans le champ de l'action humaine, donnaient des lois, fondaient des f\u00eates, enseignaient l'agriculture, pr\u00e9paraient le pain et le vin et vivaient eux-m\u00eames dans le repas sacramentel.<\/p>\n<p><strong>\"Mais les vivants \u00e9taient toujours li\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\"Aujourd'hui, avec le renouvellement des myst\u00e8res, la relation avec les morts a chang\u00e9.<\/strong> Elle doit \u00eatre fond\u00e9e sur la libert\u00e9 des vivants. Rien n'oblige les vivants \u00e0 rechercher les morts. La conscience de l'homme d'aujourd'hui, qui s'\u00e9veille par les sens, devient vide lorsque leurs impressions sont retenues et que la m\u00e9moire s'efface. La nostalgie creuse l'\u00e2me. La pens\u00e9e la consume. Dans sa relation avec le d\u00e9funt, celui qui reste, s'il ne veut pas se perdre, doit devenir un donneur actif au lieu d'un r\u00e9cepteur. Mais c'est justement le n\u00e9ant auquel il se voit expos\u00e9 qui lui permet de donner de son \u00eatre, de la pl\u00e9nitude de son ego. Seul l'amour en est capable, l'amour gagn\u00e9 sur la terre et qui s'est lib\u00e9r\u00e9 du corps. Il est fond\u00e9 sur le bien, que l'on a choisi en pleine conscience.<\/p>\n<p><strong>\"Mais pour les morts, qu'est-ce qui est bon ?<\/strong> Ce qui correspond \u00e0 son d\u00e9veloppement. Lui donner les bons moyens : Entrer avec amour dans son chemin d'\u00e9volution. C'est ce que l'on fait lorsque, dans son \u00e2me, on suit son chemin vers l'esprit. D\u00e8s qu'il a franchi le seuil, le d\u00e9funt voit le tableau de sa vie. Il voit ses actes, ses sentiments et ses pens\u00e9es du point de vue de son ego qui passe par des morts et des naissances. Il parcourt \u00e0 reculons sa vie pass\u00e9e, l'ordonnant en fonction de son individualit\u00e9 \u00e9ternelle qui pr\u00e9pare une vie future sur terre. Il construit cette vie future selon les mesures humaines que les dieux lui fournissent. En leur divine compagnie, il parcourt le chemin de sa destin\u00e9e \u00e0 travers l'univers, dans lequel il \u00e9tend son \u00eatre, afin de construire le germe de son nouveau corps. C'est donc avec la connaissance de l'univers que l'homme vivant, qui l'aime, doit aller \u00e0 la rencontre des morts. Ce n'est qu'en tant qu'\u00eatre pensant habitant un corps terrestre qu'il peut y parvenir. Et il ne peut la transmettre que par un acte libre de sa propre d\u00e9cision.<\/p>\n<p><strong>\"Son don revient transform\u00e9 en image, en parole et en \u00eatre, de sorte que le donateur lui-m\u00eame est b\u00e9ni.<\/strong> C'est sur ce fait que repose le talent, jusqu'ici \u00e0 peine consid\u00e9r\u00e9, des futurs artistes. Ce qui est une exp\u00e9rience g\u00e9n\u00e9rale pour les hommes conscients qui s'unissent dans la libert\u00e9 et l'amour avec les morts, c'est la t\u00e2che du po\u00e8te de le d\u00e9peindre en particulier. Il entre dans la multiplicit\u00e9 des destins des morts. In\u00e9puisables dans leur vari\u00e9t\u00e9, elles se pr\u00e9sentent \u00e0 lui. C'est surtout \u00e0 lui de r\u00e9v\u00e9ler ces moments, insoup\u00e7onn\u00e9s par l'humanit\u00e9 actuelle, o\u00f9 les morts font leur entr\u00e9e dans la vie terrestre.<\/p>\n<p><strong>De par son imagination morale, le po\u00e8te d'aujourd'hui doit d\u00e9peindre la fa\u00e7on dont les morts,<\/strong> en tant qu'auxiliaires occasionnels du destin, jouent un r\u00f4le dans les morts pr\u00e9matur\u00e9es, \"en allant chercher les vivants\", comme le dit l'expression populaire. Il doit savoir qu'ils re\u00e7oivent cette t\u00e2che parce qu'ils n'ont pas suivi leur propre intuition dans la vie qu'ils viennent d'achever, mais qu'ils ont ob\u00e9i \u00e0 des ordres qui violaient leur conscience. Ils n'ont pas assum\u00e9 leur propre responsabilit\u00e9 et ne sont donc pas en mesure de servir le salut d'autrui.<\/p>\n<p><strong>\"Mais le po\u00e8te sait aussi comment les esprits s'attardent aupr\u00e8s des lits de malades et provoquent la gu\u00e9rison.<\/strong> Ce sont les esprits de ceux qui ont fait le bien de mani\u00e8re d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e dans leur vie.<br \/>\nEt il accompagne les morts, qui passent d'ouest en est et d'est en ouest, afin de participer au travail de d\u00e9veloppement de l'\u00e2me de l'humanit\u00e9 en formant et en dissolvant les caract\u00e9ristiques essentielles de l'\u00eatre populaire de ceux qui sont tomb\u00e9s \u00e0 la guerre. Le po\u00e8te donne satisfaction aux morts lorsqu'il cr\u00e9e une v\u00e9ritable trag\u00e9die ; les morts eux-m\u00eames vivent dans la peur, la compassion et la purification, parce qu'ils prennent conscience apr\u00e8s la mort de l'humanit\u00e9 \u00e0 laquelle ils ont renonc\u00e9. Ils sont d\u00e9sormais orient\u00e9s autrement que dans la vie. En vivant r\u00e9trospectivement leur destin, ils ont franchi la ligne culminante et inspirent eux-m\u00eames le d\u00e9roulement des drames auxquels le po\u00e8te donne forme. Ce dernier d\u00e9couvre des th\u00e8mes pour les si\u00e8cles \u00e0 venir. Ils lui reviennent d'entre les morts. S'ils ne lui parlent pas, il doit se taire. Tout d\u00e9pend de la participation int\u00e9rieure qu'il apporte \u00e0 leur rencontre.<\/p>\n<p><strong>\"En g\u00e9n\u00e9ral, on peut dire que rien ne fait progresser l'humanit\u00e9 qui ne soit arrach\u00e9 \u00e0 l'esprit.<\/strong> Une d\u00e9cision prise uniquement sur la base de consid\u00e9rations intellectuelles conduit toujours \u00e0 une situation incertaine. Elle est boiteuse. C'est particuli\u00e8rement vrai pour l'art. On ne peut pas cr\u00e9er la moindre sc\u00e8ne, m\u00eame \u00e0 partir de la connaissance la plus profonde de la technique du th\u00e9\u00e2tre, tant que l'on n'est pas dot\u00e9 du pouvoir de la parole. Le monde veut devenir parole, ancr\u00e9e dans la connaissance. Par le mot, il veut \u00eatre transform\u00e9 en esprit vivant. Le po\u00e8te, quant \u00e0 lui, souhaite cr\u00e9er cette r\u00e9alit\u00e9 sup\u00e9rieure dont les morts font d\u00e9j\u00e0 l'exp\u00e9rience. Il cherche \u00e0 s'unir \u00e0 eux, non pas pour fuir la terre, mais pour contribuer \u00e0 la sauver. Les morts, en tant que figures suprasensibles, sont les prototypes de sa cr\u00e9ation po\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>La po\u00e9sie de l'avenir doit \u00eatre \u00e0 la fois un sacrement de la mort et une f\u00eate de la vie, un pont entre l'ici et l'ailleurs, un chemin vers l'esprit\".<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>====<\/p>\n<p>Une s\u00e9lection du livre <em>Le g\u00e9nie du temps<\/em> par Albert Steffen, 1943, Verlag f\u00fcr Sch\u00f6ne Wissenschaften.<br \/>\n(Trans. Henry Barnes, d'apr\u00e8s <em>Albert Steffen, traduction et hommage<\/em>Adonis Press, 1959)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>02.27.24<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Artwork: &#8220;Monolith X&#8221; by Marion Donehower &nbsp; At the Section meeting on February 24, 2024, we discussed the topic of Literary Modernism in respect to Threshold Experiences and Soul Loss. 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