{"id":628,"date":"2020-09-26T03:33:14","date_gmt":"2020-09-26T10:33:14","guid":{"rendered":"https:\/\/theliteraryarts.com\/?p=628"},"modified":"2021-11-25T12:11:33","modified_gmt":"2021-11-25T20:11:33","slug":"language-and-romantic-irony","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/language-and-romantic-irony\/","title":{"rendered":"Langue et ironie romantique"},"content":{"rendered":"<p>Salutations en cette saison de la Saint-Michel. Voici un r\u00e9sum\u00e9 de la r\u00e9cente r\u00e9union hebdomadaire de la Section des arts litt\u00e9raires et des sciences humaines du groupe local de Fair Oaks, CA. Cette r\u00e9union a eu lieu le 26 septembre 2020, via Zoom.<\/p>\n<blockquote><p>\"La connaissance intime de Novalis signifie pour tout esprit perspicace une exp\u00e9rience profonde et magique, c'est-\u00e0-dire l'exp\u00e9rience de l'initiation, de la cons\u00e9cration au myst\u00e8re.\" - <strong>Hermann Hesse, <i class=\"\">Novalis, documents sur sa vie et sa mort<\/i>, 1925<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 de la r\u00e9union<\/strong><\/p>\n<p>Eh bien, une fois de plus, notre r\u00e9union s'est d\u00e9roul\u00e9e en trois parties : <b class=\"\">Annonces<\/b>, <b class=\"\">Remarques d'ouverture<\/b>et <b class=\"\">Pr\u00e9sentation.<\/b> Suivi d'une discussion ! Marion a fait une pr\u00e9sentation sur <strong>Hermann Hesse<\/strong>Elle a pr\u00e9sent\u00e9 des exemples de ses \u0153uvres d'art. Les \u0153uvres \u00e9taient des s\u00e9lections d'aquarelles de Hesse. Hesse, comme Goethe, \u00e9tait un aquarelliste enthousiaste.<br \/>\n<b class=\"\"><\/b><\/p>\n<p><b class=\"\">Annonces<\/b><\/p>\n<p>Je me pr\u00e9pare \u00e0 lancer un <b class=\"\">site web pour notre groupe local de la section de Fair Oaks<\/b>. Le groupe approche de sa dixi\u00e8me ann\u00e9e de r\u00e9union continue, et nous avons une biblioth\u00e8que croissante de r\u00e9sum\u00e9s de r\u00e9unions qui remontent \u00e0 quelques ann\u00e9es. Le site web sera un endroit pour <b class=\"\">les amis et les membres qui participent directement ou indirectement aux r\u00e9unions de la section locale \u00e0 Fair Oaks, CA<\/b> pour lire les r\u00e9sum\u00e9s et rester en contact avec notre travail local. \"Penser globalement, agir localement\" - comme le dit le dicton. Le site ne remplacera pas les courriels de r\u00e9sum\u00e9 de r\u00e9union. Je partage ces courriels apr\u00e8s chaque r\u00e9union de la section locale afin que les amis et les membres int\u00e9ress\u00e9s puissent entendre ce que nous faisons. En raison des d\u00e9fis de 2020 et de la d\u00e9cision du groupe local de se r\u00e9unir chaque semaine et d'approfondir notre travail avec Novalis, ces courriels ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s plus fr\u00e9quemment r\u00e9cemment.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-629 size-full aligncenter\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_3319-3.jpeg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"480\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_3319-3.jpeg 640w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_3319-3-480x360.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 640px, 100vw\" \/><\/p>\n<p><strong><span class=\"\">\"Parler et \u00e9crire, c'est une folie...\".\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Avec ces mots, <strong>Novalis<\/strong> commence son fragment intitul\u00e9 <em><span class=\"\">Monologue<\/span><\/em>qui se trouve dans le volume 2 de l'\u00e9dition Kohlhammer (<i class=\"\">Das philosophische Werk I<\/i>page 672). La traduction que j'ai pr\u00e9sent\u00e9e hier est celle du professeur Joyce Crick. En allemand, la citation ci-dessus se lit comme suit : \"Es ist eigentlich um das Sprechen und Schreiben eine n\u00e4rrische Sache . . .\" (allez au bas de ce r\u00e9sum\u00e9 pour le texte complet que j'ai affich\u00e9 au groupe).<\/p>\n<p>L'un des plaisirs des arts litt\u00e9raires est de s'amuser avec la traduction - et j'utilise le mot \"s'amuser\" d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment ici parce que Novalis utilise le mot \"sot\" dans les premiers mots de l'ouvrage. <em>Monologue<\/em>quand il commence sa discussion sur le langage.<\/p>\n<p>J'ai pr\u00e9sent\u00e9 le fragment <em><span class=\"\">Monologue<\/span><\/em> de Novalis hier soir comme moyen d'introduire un th\u00e8me que nous n'avons pas eu le temps de d\u00e9velopper dans nos r\u00e9unions : Le langage. L'usage et l'abus de la langue : voil\u00e0 un sujet qui est tr\u00e8s \u00e0 la mode ces jours-ci, n'est-ce pas ? Novalis et ses premiers contemporains romantiques, comme Friedrich Schlegel, ont consacr\u00e9 beaucoup d'attention \u00e0 la langue, cela va sans dire. Une affirmation insens\u00e9e ! Mais au fur et \u00e0 mesure que nous approfondissons notre connaissance de Novalis et d'autres po\u00e8tes et th\u00e9oriciens litt\u00e9raires du d\u00e9but du romantisme - ou, d'ailleurs, au fur et \u00e0 mesure que nous approfondissons notre connaissance de l'histoire de la langue... <strong>Schiller<\/strong> - Je pense que nous devrons examiner la fa\u00e7on dont Novalis et ses contemporains ont pens\u00e9 le langage - et par extension, leur approche de l'esth\u00e9tique et de la th\u00e9orie critique litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>J'ai inclus la s\u00e9lection de la <em><span class=\"\">Monologue<\/span><\/em> fragment \u00e0 la fin de ce r\u00e9sum\u00e9. La traduction de Joyce Crick est vivante et piquante - mais sa vivacit\u00e9 capture la vivacit\u00e9 et le d\u00e9fi piquant du texte original - un texte qui est fondamental pour comprendre comment Novalis pensait le langage et son travail de po\u00e8te. Nous avons pass\u00e9 beaucoup de temps \u00e0 <i class=\"\">Heinrich von Ofterdingen<\/i> en contemplant le royaume du po\u00e8te - mais nous n'avons pas beaucoup parl\u00e9 du m\u00e9dium du po\u00e8te : les mots et le langage. Nous devons le faire. <strong>Hermann Hesse<\/strong>Hesse, par exemple, s'est int\u00e9ress\u00e9 de tr\u00e8s pr\u00e8s \u00e0 la mani\u00e8re dont Novalis utilisait le langage, et Hesse a tir\u00e9 un grand profit de cette connaissance.<\/p>\n<p>Comme Marion l'a rapport\u00e9 dans sa pr\u00e9sentation hier soir, Hesse pensait que Novalis \"n'a jamais \u00e9crit un seul mot comme d\u00e9coration ou rh\u00e9torique\" - chaque mot \u00e9tait essentiel. Le style de Hesse, d'ailleurs, dans sa simplicit\u00e9 artistique, qui \"trompe\" certains lecteurs non avertis en leur faisant croire que son style est na\u00eff ou simple d'esprit, est le reflet de la profonde connaissance que Hesse avait de Novalis, pourrait-on dire. Il est d'ailleurs int\u00e9ressant de comparer le style d'\u00e9criture d'Albert Steffen \u00e0 celui de Hesse. \u00c0 titre de r\u00e9f\u00e9rence, si vous avez encore d'anciens bulletins de la Section, consultez l'article de Douglas Miller dans le bulletin de f\u00e9vrier 2019, o\u00f9 Douglas cite les mots de Steffen : <em>\"Si nous voulons saisir Novalis comme un \u00eatre vivant, nous devons r\u00e9veiller la langue de son sommeil de mort\".<\/em><\/p>\n<p>Hier soir, j'ai essay\u00e9 de donner une tr\u00e8s br\u00e8ve orientation au sujet du langage et de l'ironie romantique, en utilisant Novalis comme pierre de touche. J'esp\u00e8re qu'en raison de notre relation \u00e9troite avec Novalis, nous pourrons accepter Novalis comme compagnon lorsque nous aborderons le sujet du langage - un sujet qui devrait, bien s\u00fbr, \u00eatre au centre des pr\u00e9occupations de notre Section.<\/p>\n<p>Lisez la s\u00e9lection de <em>Monologue<\/em> puis comme point de d\u00e9part de ce qui pourrait devenir un th\u00e8me central pour notre groupe. En le lisant, vous pourrez peut-\u00eatre vous r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 ce que nous avons dit sur Schiller lors de r\u00e9unions pr\u00e9c\u00e9dentes, et plus particuli\u00e8rement \u00e0 ce que Schiller a \u00e0 dire dans la s\u00e9lection d'essais intitul\u00e9e \"Le monde de Schiller\". <i class=\"\">Lettres sur l'\u00e9ducation esth\u00e9tique<\/i>\u00a0avec sa discussion sur le jeu en relation avec la libert\u00e9, l'esprit, la beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Le survol, le jeu, l'ironie - quelle qualit\u00e9 ont-ils en commun ? Nous avons vu d\u00e8s le d\u00e9but de notre travail sur Novalis que les mots \"hover\" et \"hovering\" (Schweben, en allemand) sont des mots cl\u00e9s pour Novalis. Novalis utilise fr\u00e9quemment le mot \"hovering\", qui appara\u00eet notamment dans l'un des tout derniers po\u00e8mes qu'il a \u00e9crits. Nous avons examin\u00e9 ce po\u00e8me lorsque nous avons commenc\u00e9 notre voyage avec Novalis :<\/p>\n<p><em>\"Tout autour, je vois les vivants<\/em><br \/>\n<em>Beaucoup de flotteurs imprudents passent juste<\/em><em>\u00a0quelques uns qui s'efforcent de faire des efforts<\/em><br \/>\n<em>Un seul cependant se soucie<\/em><br \/>\n<em>Des efforts l\u00e9gers, du surplace.\"<\/em><\/p>\n<p>En poursuivant notre aventure avec Novalis et ces \u00e9crivains de la fin du XVIIIe si\u00e8cle qui ont contribu\u00e9 de mani\u00e8re si centrale \u00e0 l'anthroposophie telle qu'elle s'est exprim\u00e9e plus tard avec <strong>Rudolf Steiner<\/strong>Dans ce contexte, essayons de r\u00e9server un peu de temps pour consid\u00e9rer le langage dans sa relation avec l'\u00e2me de la conscience. J'ai sugg\u00e9r\u00e9 hier soir que nous prenions note de \" l'ironie romantique \" - ou de l'ironie en g\u00e9n\u00e9ral - comme une caract\u00e9ristique importante de l'humeur et de l'attitude de l'\u00e2me de conscience - une humeur et une attitude qui trouvent une relation tout \u00e0 fait diff\u00e9rente et plus familiale avec l'ironie que celle que l'on peut ressentir, par exemple, dans l'humeur et l'attitude de l'\u00e2me intellectuelle, pourrait-on dire. Alors que Novalis et ses contemporains nous conduisent vers la po\u00e9sie et \"le domaine du po\u00e8te\", les certitudes \"scribales\" \u00e9videntes de la pens\u00e9e axiomatique tombent entre parenth\u00e8ses.<\/p>\n<p>Ces certitudes axiomatiques \u00e9videntes ne peuvent pas survivre \u00e0 une trempe de Sophia - je fais r\u00e9f\u00e9rence ici \u00e0 la sc\u00e8ne du conte de Klingsohr, bien s\u00fbr. Le Scribe est furieux de se heurter au vol plan\u00e9, \u00e0 l'ironie, \u00e0 l'eros, \u00e0 la fable et au jeu - \"jeu\" dans le sens pr\u00e9cis o\u00f9 Schiller utilise ce mot. S'agit-il d'une nouvelle approche du Myst\u00e8re - du langage, de la connaissance humaine ? Ou simplement un autre sophisme romantique \u00e0 la Lorelei ? Apr\u00e8s tout, Heine marque un point - et il ne manque pas d'ironie ! La semaine derni\u00e8re, j'ai mentionn\u00e9 <strong>Keats<\/strong> - En particulier, j'ai soulign\u00e9 l'id\u00e9e de Keats de capacit\u00e9 n\u00e9gative. Est-ce que cela se rapporte \u00e0 notre th\u00e8me du langage, tel que Novalis le pr\u00e9sente dans <em>Monologue<\/em>? Keats associe sp\u00e9cifiquement la capacit\u00e9 n\u00e9gative \u00e0 Shakespeare - un autre ma\u00eetre de l'ironie, de l'indirection et de la b\u00eatise, comme nous le savons.<\/p>\n<p>De nombreuses dissertations de fin de soir\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es pour expliquer l'attitude ironique de... <span class=\"\">Hamlet<\/span>. Mais qu'en est-il de Novalis et de ses semblables ? En lisant la citation de <em>Monologue<\/em> \u00e0 la fin de ce r\u00e9sum\u00e9, pensez encore \u00e0 Keats :<\/p>\n<p><em><span class=\"\">\" Capacit\u00e9 n\u00e9gative, c'est-\u00e0-dire quand l'homme est capable d'\u00eatre dans les incertitudes, les Myst\u00e8res, les doutes, sans aucune atteinte irritable apr\u00e8s le fait &amp; la raison... .... \"<\/span><\/em><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-632 aligncenter\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_6401.jpeg\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"484\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_6401.jpeg 480w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_6401-298x300.jpeg 298w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_6401-150x150.jpeg 150w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><br \/>\n<b class=\"\"><\/b><\/p>\n<p><b class=\"\">\"Comme j'ai \u00e9t\u00e9 sourd et stupide...\"\u00a0\u00a0<\/b><br \/>\n<b class=\"\">\u00a0(Th\u00e9\u00e2tre magique. Pour les fous seulement !)<\/b><\/p>\n<p>La pr\u00e9sentation de Marion sur Hermann Hesse nous a donn\u00e9 des d\u00e9tails plus vivants sur la vie et la carri\u00e8re de Hesse, et a contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9clairer ou peut-\u00eatre \u00e0 rappeler \u00e0 certains d'entre nous pourquoi Hesse a exerc\u00e9 un tel attrait existentiel sur notre jeune moi lorsque nous nous sommes qualifi\u00e9s de \"chercheurs\".  Comme j'ai essay\u00e9 de le souligner pr\u00e9c\u00e9demment, nous n'avons pas laiss\u00e9 Novalis loin derri\u00e8re nous lorsque nous voyageons avec Hesse. Pour nous aider \u00e0 comprendre les congruences, Marion a fait remarquer que Hesse et Novalis ont partag\u00e9 une exp\u00e9rience similaire de la petite enfance : ils ont grandi dans des familles pi\u00e9tistes strictement d\u00e9vou\u00e9es \u00e0 la foi chr\u00e9tienne. Dans la situation de Hesse, cependant, il avait l'avantage d'en apprendre davantage sur l'Orient (soi-disant), puisque ses parents \u00e9taient missionnaires. Ces parents ont imagin\u00e9 un destin de missionnaire chr\u00e9tien pour leur fils a\u00een\u00e9.<\/p>\n<p>Mais Hesse ne voulait pas de \u00e7a. Il s'est rebell\u00e9 et a lu Goethe, Novalis et Schiller (des horreurs !) - trouvant dans ces po\u00e8tes transgressifs une vision de l'avenir de l'humanit\u00e9. <b class=\"\">La grande aventure du devenir humain<\/b> qui n'a pas trouv\u00e9 de r\u00e9confort aupr\u00e8s d'une seule foi, d'une seule philosophie ou d'une seule id\u00e9ologie \u00e9tablie. Contrairement \u00e0 Novalis, Hesse a v\u00e9cu une longue vie de doutes et de luttes int\u00e9rieures - on pourrait toutefois dire qu'il a suivi la voie d'\"un sage lent\", un \"Parzival\" qui, par la force de son initiative et de son imagination t\u00eatues, a trouv\u00e9 son chemin vers le Graal.<\/p>\n<p>V\u00e9ritable aventurier de l'esprit, il est n\u00e9 quelques d\u00e9cennies avant l'\u00e2ge de la lumi\u00e8re, tel que le d\u00e9crit Steiner, et est mort en 1962. Un \u00e9cart remarquable entre les d\u00e9cennies ! Marion nous a rappel\u00e9 \u00e0 juste titre que la vie de Hesse comprenait deux guerres mondiales. Il s'agissait d'une \u00e9poque de bouleversements et de transformations, de crises, d'incertitudes et d'effroi, comme celle qui pourrait nous aider \u00e0 mettre en perspective notre propre ann\u00e9e 2020. Contrairement \u00e0 la plupart de ses contemporains, Hesse s'est oppos\u00e9 \u00e0 la participation de l'Allemagne \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale, ce qui lui a valu la haine d\u00e9brid\u00e9e de beaucoup, voire de la majorit\u00e9. N\u00e9anmoins, comme Goldmund, Siddhartha et Heinrich, il a suivi le chemin de la conscience. Sa qu\u00eate de pl\u00e9nitude, comme le dit Marion, l'a conduit, \u00e0 l'instar d'un Parzival, vers une voie m\u00e9diane - un chemin entre la lumi\u00e8re et les t\u00e9n\u00e8bres, l'\u00e9ros et le logos - un \"flottement\" entre les extr\u00eames.<\/p>\n<p>Ce n'est pas une position confortable, c'est certain. Hesse \u00e9tait un \u00e9pistolier infatigable et un citoyen du monde d\u00e9vou\u00e9, pr\u00e9occup\u00e9 et engag\u00e9 dans l'esprit de son temps - mais avec une propension herm\u00e9tique \u00e0 l'introspection, \u00e0 l'humour et \u00e0 la retraite tao\u00efste. Le jardinage \u00e9tait une passion - il r\u00e9agissait \u00e0 la nature avec le m\u00eame enthousiasme que Goethe et les romantiques. Et la musique, bien s\u00fbr, il l'aimait tout autant.<\/p>\n<p>Le roman <i class=\"\">Steppenwolf<\/i>que je doute que nous ayons le temps de lire, est souvent interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 tort comme une chronique complaisante de la folie ou de la crise de la quarantaine chez les hommes. <b class=\"\">Mozart<\/b> et tout ce que Mozart repr\u00e9sente pour l'esprit. Marion nous a rappel\u00e9 que \"comme Goethe et Novalis, il y avait une forte puissance vivante en jeu dans la vie et l'\u0153uvre de Hesse, et c'\u00e9tait le monde de l'esprit\". <b class=\"\">beaut\u00e9<\/b>.\" On n'est jamais loin de Schiller, hein ?\" Marion a termin\u00e9 sa pr\u00e9sentation par une citation de <i class=\"\">Siddhartha<\/i>.<\/p>\n<p>C'est un livre dans lequel Hesse parvient \u00e0 un \u00e9quilibre entre le style et le sens. Il a la simplicit\u00e9 artistique d'un conte de f\u00e9es, au sens o\u00f9 Novalis utilise ce terme. On pourrait, en fait, lire <i class=\"\">Siddhartha<\/i> de concert avec <i class=\"\">Heinrich von Ofterdingen<\/i>\u00a0- pour <i class=\"\">Siddhartha<\/i> ne porte PAS sur le Bouddha, comme les nouveaux lecteurs pourraient le croire na\u00efvement. Plus correctement, il devrait \u00eatre lu uniquement <i class=\"\">apr\u00e8s<\/i> lecture <i class=\"\">Heinrich von Ofterdingen<\/i> - apr\u00e8s avoir r\u00e9fl\u00e9chi au koan d'Heinrich :\u00a0<b class=\"\">\"O\u00f9 allons-nous alors ? Toujours vers la maison.\"<\/b><\/p>\n<blockquote><p>\". ... le ciel et la rivi\u00e8re, les bois et les montagnes, tous beaux, tous myst\u00e9rieux et enchanteurs, et au milieu de tout cela, lui, Siddhartha, l'\u00e9veill\u00e9, en chemin vers lui-m\u00eame.\" - <strong>Hermann Hesse, <i class=\"\">Siddhartha<\/i><\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Marion a termin\u00e9 sa pr\u00e9sentation par une s\u00e9lection d'aquarelles de Hesse datant de 1922 \u00e0 1935.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-633 aligncenter\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_6404.jpeg\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_6404.jpeg 480w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_6404-281x300.jpeg 281w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><\/p>\n<p><strong>Les apprentis de Sais<\/strong><\/p>\n<p>A l'issue de la r\u00e9union, la question s'est pos\u00e9e de savoir quelle \u00e9dition de la revue <i class=\"\">Les apprentis de Sais<\/i> devons-nous acqu\u00e9rir ? J'enverrai bient\u00f4t aux participants \u00e0 la r\u00e9union une traduction PDF et\/ou un lien vers une \u00e9dition qui peut \u00eatre lue dans un navigateur. Certains d'entre vous poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0 la traduction de Mannheim qui comporte toutes ces illustrations fantaisistes de Paul Klee. C'est une bonne traduction, mais elle peut \u00eatre difficile \u00e0 trouver. En r\u00e9sum\u00e9, la traduction que vous utilisez n'a pas d'importance. Si vous pr\u00e9f\u00e9rez, vous pouvez attendre que je vous envoie le PDF et le lien. J'ai \u00e9t\u00e9 un peu long, mais nous avons beaucoup \u00e0 faire, n'est-ce pas ?<\/p>\n<p>Voici le texte cit\u00e9 que j'ai mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment. J'enverrai la traduction compl\u00e8te sous forme de PDF aux participants \u00e0 la r\u00e9union lorsque j'enverrai <i class=\"\">Apprentis<\/i>.<\/p>\n<p><strong>MONOLOGIE<\/strong><\/p>\n<blockquote><p>Par Novalis (1798)<br \/>\n(Trans. par le Prof. Joyce Crick, Londres)<\/p>\n<p>\" Parler et \u00e9crire est un \u00e9tat de choses vraiment fou ; la vraie conversation n'est qu'un jeu avec les mots. C'est \u00e9tonnant, l'erreur absurde que commettent les gens en s'imaginant qu'ils parlent pour le plaisir des choses ; personne ne conna\u00eet l'essentiel du langage, \u00e0 savoir qu'il ne s'occupe que de lui-m\u00eame. C'est pourquoi c'est un myst\u00e8re si merveilleux et si f\u00e9cond, car si quelqu'un parle pour le plaisir de parler, il \u00e9nonce les v\u00e9rit\u00e9s les plus splendides et les plus originales. Mais s'il veut parler de quelque chose de\ufb01nite, les caprices du langage lui font dire les choses fausses les plus ridicules. D'o\u00f9 la haine que tant de gens s\u00e9rieux \u00e9prouvent pour le langage : ils en remarquent les travers, mais ils ne remarquent pas que les balbutiements qu'ils m\u00e9prisent sont le c\u00f4t\u00e9 in\ufb01niment s\u00e9rieux du langage...\"<\/p><\/blockquote>\n<blockquote class=\"\"><p>\"Le sens et la r\u00e9alit\u00e9 n'\u00e9taient pas cach\u00e9s quelque part derri\u00e8re les choses, ils \u00e9taient en elles, dans toutes les choses.\" - <strong>Hermann Hesse, <i class=\"\">Siddhartha<\/i><\/strong><\/p><\/blockquote>\n<blockquote class=\"\"><p>\"Le monde spirituel nous est en fait d\u00e9j\u00e0 ouvert. Il est toujours ouvert.<br \/>\nSi nous devions soudainement devenir si vivants et souples pour le percevoir,<br \/>\nNous nous percevrions au milieu du monde spirituel.\" - <strong>Novalis<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<blockquote class=\"\"><p>\"C'est ainsi que \u00e7a se passe.\" - <strong>Kurt Vonnegut<\/strong><\/p><\/blockquote>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Greetings at the season of Michaelmas.\u00a0Here is a summary of the recent weekly Section for Literary Arts &amp; Humanities meeting of the local group in Fair Oaks, CA. This meeting occurred on September 26, 2020, via Zoom. &#8220;Intimate acquaintance with Novalis means for any perceptive\u00a0spirit a deep and magical experience, that is the experience of\u00a0initiation, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":630,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[12],"tags":[],"class_list":["post-628","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-meeting-summaries"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=628"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3185,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/628\/revisions\/3185"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/630"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}