{"id":754,"date":"2020-05-09T22:04:40","date_gmt":"2020-05-10T05:04:40","guid":{"rendered":"https:\/\/theliteraryarts.com\/?p=754"},"modified":"2024-02-24T22:46:44","modified_gmt":"2024-02-25T06:46:44","slug":"the-king-of-metals","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/the-king-of-metals\/","title":{"rendered":"Le roi des m\u00e9taux"},"content":{"rendered":"<p>Voici un r\u00e9sum\u00e9 de la r\u00e9cente r\u00e9union de la Section des arts litt\u00e9raires et des sciences humaines du groupe local \u00e0 Fair Oaks, CA. Cette r\u00e9union a eu lieu le 9 mai 2020 via Zoom.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 de la r\u00e9union<\/strong><\/p>\n<p>L'image ci-dessus est un d\u00e9tail d'une \u0153uvre plus grande qui se trouve au Crocker Art Museum de Sacramento. Je n'ai malheureusement pas le nom de l'artiste du XIXe si\u00e8cle sous la main. Notre groupe a regard\u00e9 cette image plusieurs fois, et nous y avons fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 nouveau pour nous aider \u00e0 vivre l'ambiance du chapitre cinq dans <em>Heinrich von Ofterdingen<\/em>.<\/p>\n<p>Le roi des m\u00e9taux est assis sous terre avec son dragon. Il jette un regard inquiet vers le toit de sa grotte, car il entend le bruit des mineurs. Les sciences, technologies et formes sociales \u00e9mergentes de la nouvelle \u00e8re industrielle rencontrent ici le royaume mythologique des f\u00e9es. Une rencontre similaire se produit dans les \u00e9crits de <strong>Novalis<\/strong>. Le Roi des M\u00e9taux est-il l\u00e9gitimement inquiet ? Risque-t-il l'exil d'un monde bient\u00f4t \"d\u00e9senchant\u00e9\" ? L'heure est-elle venue d'une \"nouvelle mythologie\", comme le sugg\u00e8rent les romantiques ?<\/p>\n<p>Des questions comme celles-ci nous attendent au chapitre 5. Alice a fait une pr\u00e9sentation qui nous a aid\u00e9s \u00e0 mieux comprendre les complexit\u00e9s. Elle a parl\u00e9 de l'initiation rosicrucienne de Goethe, en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une s\u00e9rie de six conf\u00e9rences de <strong>Frank Teichmann<\/strong> qui a paru en 2007, aux \u00e9ditions Verlag Freies Geistesleben (Goethe und die Rosenkreuzer). Elle a parl\u00e9 du Harz et du Brocken, et elle nous a rappel\u00e9 la grave maladie qui a frapp\u00e9 Goethe alors qu'il \u00e9tait un jeune \u00e9tudiant universitaire. Des ann\u00e9es plus tard, elle a racont\u00e9 que Goethe se retrouvait \u00e0 Weimar, responsable de nombreuses affaires d'\u00c9tat, mais d\u00e9sireux de revenir \u00e0 la po\u00e9sie et s'interrogeant : \"Le chemin de la po\u00e9sie m'est-il ferm\u00e9 \u00e0 jamais ?\" Par un froid mois de f\u00e9vrier, il d\u00e9cide de visiter le Brocken dans le Harz - d\u00e9sirant non seulement gravir la montagne mais aussi descendre dans les grottes qui se trouvent en dessous.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne est une sc\u00e8ne qui aurait tr\u00e8s bien pu trouver sa place dans le roman de Novalis. Comme Heinrich, Goethe rencontre un guide volontaire, un forestier qui peut le conduire sur les hauteurs et dans les profondeurs - et l\u00e0, dans l'obscurit\u00e9 froide de la terre et dans l'obscurit\u00e9 froide de l'hiver - il fait l'exp\u00e9rience d'une lumi\u00e8re int\u00e9rieure de perspicacit\u00e9 et de transformation. Comme Alice l'a racont\u00e9, Goethe est sorti de cette exp\u00e9rience au Brocken avec une conviction renouvel\u00e9e du chemin de la destin\u00e9e de sa vie : \"Je suis un po\u00e8te !\" Il en va de m\u00eame pour Heinrich - lorsqu'il descend dans les grottes du chapitre cinq - lorsqu'il rencontre le myst\u00e9rieux ermite et le myst\u00e9rieux Livre du Destin qui lui montre son propre destin de po\u00e8te, une fois et dans le futur - dans des images vivantes et dans une merveilleuse \u00e9criture \u00e9trang\u00e8re. Bient\u00f4t, Heinrich rencontrera le ma\u00eetre po\u00e8te Klingsohr, que Novalis a model\u00e9 sur Goethe - et Klingsohr, comme Goethe, deviendra le hi\u00e9rophante qui conduira le jeune Heinrich \u00e0 comprendre la vocation du po\u00e8te. Les mondes int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur s'entrem\u00ealent - \"Je deviendrai po\u00e8te et j'\u00e9tudierai la nature\", avait d\u00e9cid\u00e9 Goethe apr\u00e8s son exp\u00e9rience au Brocken, raconte Alice. Heinrich suivra un chemin similaire - bien que le roman de son aventure soit rest\u00e9 incomplet.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette pr\u00e9sentation d'Alice, nous avons discut\u00e9 bri\u00e8vement de ce qui suit <strong>Gotthilf Heinrich Schubert<\/strong>dont les livres <em>Vues du c\u00f4t\u00e9 nocturne de la nature<\/em> et <em>Le symbolisme des r\u00eaves<\/em> sont d'int\u00e9ressantes tentatives pr\u00e9coces pour trouver une m\u00e9thodologie de recherche adapt\u00e9e aux domaines d'exp\u00e9rience que l'\u00e9pist\u00e9m\u00e8 des Lumi\u00e8res exclut, marginalise ou ridiculise. Nous avons discut\u00e9 bri\u00e8vement de l'\u00e9rudition de Theodore Ziolkowski (Romanticism and Its Institutions), et nous avons not\u00e9 \u00e0 nouveau deux r\u00e9cits qui compl\u00e8tent le chapitre cinq de Heinrich von Ofterdingen : Tieck <em>Der Runenberg<\/em> et la pi\u00e8ce d'E.T.A.Hoffmann <em>Die Bergwerke zu Falun<\/em>.<\/p>\n<p>Je dois \u00e9galement ajouter que la r\u00e9f\u00e9rence d'Alice \u00e0 la r\u00e9gion des montagnes du Harz a suscit\u00e9 une discussion anim\u00e9e sur les arbres, Marion partageant ses souvenirs d'enfance avec les bouleaux de la for\u00eat du domaine Bismarck, pr\u00e8s de Hambourg. Ils sont en effet impressionnants ! Pouvons-nous imaginer la Thuringe, la Saxe et le Harz bois\u00e9s d'arbres anciens aussi magnifiques ? Ou, si nous nous imaginons \u00e0 l'\u00e9poque de Goethe et de Novalis, comment une exp\u00e9rience de la for\u00eat \"sombre\" de l'Europe centrale aurait-elle ouvert nos c\u0153urs \u00e0 l'exploration des grottes et des mines ?<\/p>\n<p>Voici l'image compl\u00e8te du Crocker dans laquelle appara\u00eet le d\u00e9tail du Roi des M\u00e9taux.<\/p>\n<div id=\"attachment_715\" style=\"width: 650px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-715\" class=\"wp-image-715 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_3618.jpeg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"480\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_3618.jpeg 640w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/IMG_3618-480x360.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 640px, 100vw\" \/><p id=\"caption-attachment-715\" class=\"wp-caption-text\">\"Le roi des m\u00e9taux contemple la technologie<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Notre soir\u00e9e d'une heure est pass\u00e9e tr\u00e8s vite. Malheureusement, nous n'avons pas eu le temps de suivre la pr\u00e9sentation de Patricia. Elle avait rassembl\u00e9 des \u0153uvres d'art en r\u00e9ponse \u00e0 l'\"appel au bleu\" (des peintures, c'est-\u00e0-dire) - des \u0153uvres d'art qui peuvent nous aider \u00e0 mieux comprendre l'exp\u00e9rience de l'\u00e2me de la couleur bleue - comme une tentative de mieux comprendre la fleur bleue. Mais nous avons report\u00e9 cette pr\u00e9sentation de deux semaines. (Patricia est occup\u00e9e la semaine prochaine avec une pr\u00e9sentation\/classe Zoom sur l'embryologie).<\/p>\n<p>Entre-temps, l'\"appel au bleu\" a re\u00e7u quelques autres r\u00e9ponses, dont celle de Christiane Haid, qui a partag\u00e9 avec nous son \u0153uvre \"Germ\".<\/p>\n<div id=\"attachment_698\" style=\"width: 294px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-698\" class=\"wp-image-698 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/2020_04_30_haid_0003.jpeg\" alt=\"\" width=\"284\" height=\"640\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/2020_04_30_haid_0003.jpeg 284w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/2020_04_30_haid_0003-133x300.jpeg 133w\" sizes=\"(max-width: 284px) 100vw, 284px\" \/><p id=\"caption-attachment-698\" class=\"wp-caption-text\">Oeuvre d'art de Christiane Haid<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans l'ensemble, \u00e9tant donn\u00e9 les contraintes du format Zoom, je pense que les \u00e9changes de la r\u00e9union d'hier samedi ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s anim\u00e9s et que nous avons utilis\u00e9 plus de mat\u00e9riel que nous ne pouvions en discuter. Avant la crise, nos r\u00e9unions duraient 2 heures et demie, ce qui permettait plus de pr\u00e9sentations, de discussions et de rencontres (et de collations !) - mais ma r\u00e9cente exp\u00e9rience avec Zoom m'a amen\u00e9 \u00e0 penser que \"moins est plus\" pour le moment. Je sais que je suis \u00e9puis\u00e9 lorsque nous avons termin\u00e9. Je suis s\u00fbre qu'avec le temps, nous apprendrons \u00e0 utiliser de nouveaux forums, mais pour l'instant, une heure dans Zoom me semble suffisante.<\/p>\n<p>Et enfin, sur ce m\u00eame fil de discussion, j'avais en r\u00e9serve quelques po\u00e8mes de Georg Trakl que je voulais partager avec le groupe au cas o\u00f9 il y aurait un trou dans la soir\u00e9e. (Pas !) Ces po\u00e8mes datent d'environ 1913 - \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 l'\u00e9poque o\u00f9 Rudolf et Marie Steiner pr\u00e9sentaient Novalis - et les po\u00e8mes pourraient nous aider \u00e0 mieux comprendre comment Novalis a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle et comment la lecture de Novalis par Marie et Rudolf Steiner contrebalance la r\u00e9ception dominante \u00e0 cette \u00e9poque. J'essaierai d'aborder bri\u00e8vement ce sujet la semaine prochaine.<\/p>\n<p>En attendant, nous continuerons \u00e0 lire <em>Heinrich von Ofterdingen<\/em>mais nous continuerons \u00e0 nous concentrer sur le chapitre cinq. Pour rappel : ce mercredi, je donnerai la deuxi\u00e8me partie d'une pr\u00e9sentation Zoom en trois parties sur Novalis \u00e0 la section Faust. Il s'agit d'une offre du travail de notre section locale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_713\" style=\"width: 413px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-713\" class=\"wp-image-713 size-full\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/image001.jpg\" alt=\"\" width=\"403\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/image001.jpg 403w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/image001-202x300.jpg 202w\" sizes=\"(max-width: 403px) 100vw, 403px\" \/><p id=\"caption-attachment-713\" class=\"wp-caption-text\">\"M\u00e8re du monde\/Sophie bleue\" de Nicholas Roerich<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p><em>\" Le vieil homme r\u00e9pondit : \" Nous ne nous attendions pas \u00e0 trouver ici un h\u00f4te aussi amical. On nous avait parl\u00e9 de b\u00eates sauvages et de spectres, mais nous nous trouvons maintenant tr\u00e8s agr\u00e9ablement tromp\u00e9s. Si nous avons d\u00e9rang\u00e9 vos d\u00e9votions ou vos profondes m\u00e9ditations, pardonnez-nous notre curiosit\u00e9.\"<\/em><\/p>\n<p><em>\"Peut-on voir quelque chose de plus d\u00e9licieux, dit l'inconnu, que le visage joyeux et parlant de l'homme ? Ne croyez pas que je sois un misanthrope, parce que vous me trouvez dans cette solitude. Je n'ai pas fui le monde, mais j'ai seulement cherch\u00e9 une retraite o\u00f9 je puisse m'appliquer \u00e0 mes m\u00e9ditations sans \u00eatre d\u00e9rang\u00e9.\"<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em> <strong>- Novalis, Heinrich von Ofterdingen, Chapitre cinq<\/strong><\/em><\/p><\/blockquote>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Here is a summary of the recent Section for Literary Arts &amp; Humanities meeting of the local group in Fair Oaks, CA. This meeting occurred on May 9, 2020 via Zoom. 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