{"id":8311,"date":"2025-10-09T16:56:34","date_gmt":"2025-10-09T23:56:34","guid":{"rendered":"https:\/\/theliteraryarts.com\/?p=8311"},"modified":"2026-01-22T16:13:20","modified_gmt":"2026-01-23T00:13:20","slug":"an-interview-with-christiane-haid-ariane-eichenberg-publisher-editor-of-stil-magazine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/an-interview-with-christiane-haid-ariane-eichenberg-publisher-editor-of-stil-magazine\/","title":{"rendered":"Entretien avec Christiane Haid et Ariane Eichenberg, \u00e9ditrice et r\u00e9dactrice en chef du magazine STIL"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\">Chef de section Christiane Haid &amp; <em>STIL<\/em> R\u00e9dactrice en chef Ariane Eichenberg<\/p>\n<p>Chers amis :<\/p>\n<p><em>STIL<\/em> est une publication trimestrielle en langue allemande de la section des arts litt\u00e9raires et des sciences humaines et de la section des arts visuels. Les deux sections sont dirig\u00e9es par Christiane Haid. J'ai publi\u00e9 des articles sur <em>STIL<\/em> plusieurs fois sur ce site au fil des ans. L'article le plus r\u00e9cent concernait le num\u00e9ro de juin 2025 (St. John's).<\/p>\n<p><em>STIL<\/em> est disponible en allemand pour les lecteurs nord-am\u00e9ricains qui peuvent l'acheter \u00e0 l'unit\u00e9. <a href=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/stil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cliquez ici pour plus d'informations.<\/a><\/p>\n<p>Actuellement, cette excellente publication n'est disponible qu'en allemand, mais des efforts sont en cours pour lancer une \u00e9dition en anglais. C'est l'un des th\u00e8mes abord\u00e9s dans l'interview qui suit. Cet entretien a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la Saint-Michel 2025 sur le site Internet de la Soci\u00e9t\u00e9 anthroposophique allemande (AGiD.Aktuell). Olivia Girard a men\u00e9 l'entretien. Je l'ai traduit avec son autorisation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n<p><em>STIL<\/em> Le magazine a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1979 par Wilhelm Oberhuber sous le titre <em>STIL : La construction et l'architecture selon Goetheanistisches<\/em>. Depuis 2009, il est publi\u00e9 trimestriellement par Verlag am Goetheanum sous le titre \u00e9largi de <em>STIL : Le goeth\u00e9isme dans l'art et la science<\/em>. Michael Kurtz a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Wilhelm Oberhuber \u00e0 la t\u00eate de la r\u00e9daction en 2009 et a pass\u00e9 le relais \u00e0 Ariane Eichenberg et Christiane Haid en 2020. <em>STIL<\/em> est ainsi devenu l'organe de la Section des belles sciences (Section des lettres et sciences humaines) et de la Section des arts visuels, et il est publi\u00e9 par les deux sections depuis avril 2025. Au fil des ann\u00e9es, <em>STIL<\/em> est devenu un forum important pour les questions artistiques et scientifiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Interview<\/strong><\/p>\n<p><strong>Olivia Girard<\/strong>: Comment avez-vous \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans les travaux de la section ?<\/p>\n<p><strong>Christiane Haid<\/strong>: La cl\u00e9 et la r\u00e9ponse \u00e0 votre question est Novalis, que j'aime depuis l'\u00e2ge de quatorze ans. Pendant mes ann\u00e9es \u00e0 Heidelberg \u00e0 l'Institut Friedrich von Hardenberg, j'ai \u00e9crit mon premier essai sur \"L'histoire comme m\u00e9moire de l'avenir : Une enqu\u00eate po\u00e9tique\". Ce texte a incit\u00e9 Martina Maria Sam \u00e0 me faire venir \u00e0 Dornach en 2001 en tant qu'assistante de recherche pour aider \u00e0 la mise en place de la section. Jusqu'alors, j'avais pass\u00e9 huit ans \u00e0 \u00e9tudier l'histoire de l'anthroposophie en tant qu'impulsion culturelle mondiale. A partir de 2001, j'ai particip\u00e9 au d\u00e9veloppement de la Section des beaux-arts jusqu'\u00e0 ce qu'on me demande de travailler \u00e0 la Fondation Albert Steffen. Cela m'a amen\u00e9 \u00e0 m'int\u00e9resser encore plus intens\u00e9ment \u00e0 la vie et \u00e0 l'\u0153uvre du premier responsable de la Section, Albert Steffen.<\/p>\n<p>Tout en \u00e9tant actif de cette mani\u00e8re, j'ai r\u00e9dig\u00e9 un m\u00e9moire sur le th\u00e8me de la <em>Mythe, r\u00eave et imagination : Les petits mythes d'Albert Steffen<\/em> \u00e0 l'universit\u00e9 de Hambourg, qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Schwabe Verlag Basel en 2012.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7584.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-8314\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7584-768x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7584-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7584-480x640.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 768px, 100vw\" \/><\/a><\/p>\n<p>J'ai ensuite occup\u00e9 le poste de directeur du Goetheanum Verlag de 2009 \u00e0 2025. En 2012, on m'a demand\u00e9 de prendre la t\u00eate de la section des arts litt\u00e9raires et des sciences humaines, qui s'appelle en allemand la section des belles sciences. Wilhelm Oberhuber m'avait d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 en 2008 si je voulais reprendre la r\u00e9daction de la revue <em>STIL<\/em>Mais le bon moment pour le faire n'est arriv\u00e9 qu'en 2020, lorsque j'ai \u00e9galement accept\u00e9 la direction de la section des arts visuels. Avec ma coll\u00e8gue Ariane Eichenberg, j'ai reconnu qu'il \u00e9tait n\u00e9cessaire d'am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l'\u00e9ducation et de la formation. <em>STIL<\/em> a \u00e9t\u00e9 l'occasion id\u00e9ale de mettre en \u00e9vidence les th\u00e8mes centraux et les t\u00e2ches du travail des sections. Ces th\u00e8mes comprenaient \u00e9galement les \u0153uvres et les biographies d'artistes. Ce nouveau d\u00e9part a co\u00efncid\u00e9 avec une refonte graphique compl\u00e8te du magazine par Wolfram Schildt, de Berlin. Les choix graphiques de Wolfram Schildt compl\u00e8tent \u00e0 merveille les th\u00e8mes et les sujets du magazine. Chaque num\u00e9ro apporte son lot de plaisirs et de surprises.<\/p>\n<p><strong>Ariane Eichenberg<\/strong>: Quelques mots sur les personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<p>En prenant du recul et en consid\u00e9rant cet \u00e9l\u00e9ment personnel, je trouve que ces rencontres humaines sont fondamentalement cruciales pour les initiatives. Et pourtant, ces rencontres de personne \u00e0 personne sont de plus en plus rares.<\/p>\n<p>Frank Teichmann m'a ouvert les yeux sur cette section. Il a donn\u00e9 de nombreuses conf\u00e9rences et s\u00e9minaires dans la section des belles sciences, par exemple sur les myst\u00e8res \u00e9gyptiens et grecs, sur Chartres et, plus r\u00e9cemment, sur Goethe et les Rose-Croix.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7587.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-8313\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7587-768x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7587-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/IMG_7587-480x640.jpeg 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 768px, 100vw\" \/><\/a><\/p>\n<p>J'avais d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 Christiane Haid dans les ann\u00e9es 1990 lors d'une conf\u00e9rence de presse. <em>Wilhelm Meister<\/em> conf\u00e9rence. Bien qu'il ait fallu plusieurs ann\u00e9es avant que nous ne commencions notre collaboration, un fil vers cet avenir avait \u00e9t\u00e9 tiss\u00e9. Et apr\u00e8s une longue conversation sur l'effet de la litt\u00e9rature et du langage sur les gens, il \u00e9tait clair que ces questions \u00e9taient au c\u0153ur de notre Section des belles sciences. Comment l'\u00e9criture et le langage peuvent-ils \u00eatre un pont vers le spirituel ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Olivia Girard<\/strong>: Le journal <em>STIL<\/em> a une longue histoire. Fond\u00e9e en 1979, elle est publi\u00e9e sous un titre \u00e9largi depuis 2009 et a \u00e9t\u00e9 remani\u00e9e et recentr\u00e9e \u00e0 l'occasion de la Saint-Michel 2020. Comment d\u00e9cririez-vous le fil conducteur qui a permis \u00e0 la revue de traverser les d\u00e9cennies ?<\/p>\n<p><strong>Christiane Haid<\/strong>: Je voudrais souligner la qualit\u00e9 exceptionnelle des articles. <em>STIL<\/em> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en tant que revue scientifique et l'est rest\u00e9e jusqu'\u00e0 aujourd'hui. Lorsqu'elle \u00e9tait encore publi\u00e9e sous le nom de \"Goetheanistisches Bilden und Bauen\", il s'agissait avant tout d'un magazine d'architecture. Cependant, son contenu s'est constamment \u00e9largi. Sous la direction de Michael Kurtz, la peinture, la musique, la litt\u00e9rature, les beaux-arts et divers aspects de l'histoire culturelle ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s. Des num\u00e9ros r\u00e9currents ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 des pays particuliers, par exemple les \u00eeles britanniques.<br \/>\nLe souci et l'int\u00e9r\u00eat pour l'\u00eatre humain, le souci et l'int\u00e9r\u00eat pour la cr\u00e9ativit\u00e9 humaine dans tous les arts, ainsi que la philosophie et l'anthroposophie, sont des pr\u00e9occupations fondamentales du c\u0153ur, au c\u0153ur de l'action de l'Union europ\u00e9enne. <em>STIL<\/em>.<\/p>\n<p>Nous l'abordons selon deux points de vue qui peuvent sembler contradictoires au premier abord : le point de vue de l'art et le point de vue de la science. Pourtant, l'art et la science sont bien au c\u0153ur de la Section des Belles Sciences. Le point de d\u00e9part est bien s\u00fbr Goethe, pour qui l'art et la science sont des modes de connaissance compl\u00e9mentaires. Goethe d\u00e9crit d'une mani\u00e8re merveilleusement impressionnante comment ces deux activit\u00e9s humaines fondamentales naissent d'une source commune. Goethe a incarn\u00e9 les deux cultures de l'art et de la science, et a ainsi modifi\u00e9 notre compr\u00e9hension de la science et de l'art de mani\u00e8re fondamentale. On pourrait dire que Goethe a humanis\u00e9 l'art et la science. Le fait que l'art et la science semblent encore s\u00e9par\u00e9s aujourd'hui est d\u00fb aux attitudes des XVIIIe et XIXe si\u00e8cles, deux si\u00e8cles qui ont donn\u00e9 naissance \u00e0 la notion de \"deux cultures s\u00e9par\u00e9es\" - l'art et la science - en premier lieu. L'avenir r\u00e9side dans une r\u00e9union renouvel\u00e9e et consciente de l'art et de la science. En rapprochant la science de l'art, on transforme la science, on la recentre sur l'humain et on l'\u00e9l\u00e8ve \u00e0 la pl\u00e9nitude gr\u00e2ce \u00e0 l'id\u00e9al de beaut\u00e9. L'art, \u00e0 son tour, peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9 du domaine purement inconscient et plut\u00f4t subjectif \u00e0 quelque chose qui peut \u00eatre saisi par la loi et rendu g\u00e9n\u00e9ralement accessible par une vision cr\u00e9ative et non rationnelle.<\/p>\n<p><strong>Ariane Eichenberg :<\/strong> Le magazine est avant tout soutenu par les lecteurs qui s'abonnent non seulement \u00e0 <em>STIL<\/em> mais qui le lisent aussi et sont inspir\u00e9s pour voir les choses diff\u00e9remment. D'autre part, l'approche goeth\u00e9enne constitue le fil conducteur : l'artistique, qui repose sur des connaissances scientifiquement exactes, et le scientifique, qui devient artistique par l'interm\u00e9diaire de l'individu. \u00c0 l'\u00e9poque de Michael Kurtz, il s'agissait plut\u00f4t d'un fil musical, tandis qu'\u00e0 notre \u00e9poque, il s'agit d'un fil linguistique-philosophique, voire architectural avec Pieter van der Ree de la section des arts visuels. Mais le fil conducteur est un int\u00e9r\u00eat constant pour la compr\u00e9hension de la culture, de l'art, de la science et, au sens le plus large du terme, de la religion. Nous fournissons un contexte plus large pour les situer dans notre monde d'aujourd'hui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Olivia Girard<\/strong>: Au fil du temps, la th\u00e9matique s'est \u00e9galement \u00e9largie. Quels sont les aspects du goeth\u00e9isme qui vous tiennent particuli\u00e8rement \u00e0 c\u0153ur aujourd'hui ?<\/p>\n<p><strong>Christiane Haid<\/strong>: Le mot \"goeth\u00e9isme\" peut \u00e9voquer des images de rapports protocolaires, de m\u00e9thodologies scientifiques ou de biologie. Pour nous, c'est la vision du monde de Goethe qui est au centre de notre r\u00e9flexion : sa fa\u00e7on d'observer, de rechercher et de r\u00e9fl\u00e9chir. C'est gr\u00e2ce \u00e0 sa fa\u00e7on de voir, de r\u00e9fl\u00e9chir et de faire des recherches que son art et sa science ont pu s'\u00e9panouir. Une des premi\u00e8res conf\u00e9rences de Rudolf Steiner, <a href=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/fr\/rudolf-steiners-first-address\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Goethe, p\u00e8re d'une nouvelle science esth\u00e9tique<\/a>r\u00e9sume \u00e0 merveille nos principales pr\u00e9occupations.<\/p>\n<p>La conf\u00e9rence nous demande d'\u00e9lever le domaine mat\u00e9riel par le biais de l'activit\u00e9 artistique - et l'on pourrait tr\u00e8s bien \u00e9tendre cela \u00e0 l'activit\u00e9 scientifique - de telle sorte que le domaine mat\u00e9riel soit transform\u00e9 par l'activit\u00e9 artistique\/scientifique. Il s'agit d'une sorte de processus de r\u00e9surrection au sens rosicrucien du terme.<\/p>\n<p><strong>Ariane Eichenberg<\/strong>: En tant que sp\u00e9cialiste de la litt\u00e9rature, la litt\u00e9rature et la langue sont au c\u0153ur de mes pr\u00e9occupations, y compris la langue de l'anthroposophie et de Rudolf Steiner. Le th\u00e8me principal de Michaelmas 2025 est : <em>Lire et comprendre Rudolf Steiner<\/em>. Diff\u00e9rents auteurs explorent le langage et les processus de pens\u00e9e de Rudolf Steiner dans ses \u0153uvres \u00e9crites. Pour moi, il \u00e9tait essentiel de montrer comment le spirituel se manifeste dans le langage lorsque nous lisons de mani\u00e8re r\u00e9fl\u00e9chie et que nous recr\u00e9ons ainsi le texte \u00e0 chaque fois que nous l'abordons. L'\u00e9criture est une \"partition\" (expression que Rudolf Steiner utilisait pour d\u00e9signer le travail de l'esprit). <em>La philosophie de la libert\u00e9<\/em> et <em>Un aper\u00e7u de la science \u00e9sot\u00e9rique<\/em>) que nous pouvons pratiquer de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e. Il ne s'agit pas de la r\u00e9ception d'un contenu, mais du mouvement de la pens\u00e9e. Dans un premier temps, les termes litt\u00e9raires sont utiles ici, mais dans les \u00e9tapes suivantes, ils doivent \u00eatre transf\u00e9r\u00e9s aux sciences humaines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Olivia Girard<\/strong>: <em>STIL<\/em> est d\u00e9sormais publi\u00e9 trimestriellement par la section des belles sciences et la section des arts visuels. Comment cette collaboration se traduit-elle dans la pratique \u00e9ditoriale quotidienne ?<\/p>\n<p><strong>Christiane Haid<\/strong>: Il s'agit d'une interconnexion tr\u00e8s \u00e9troite, exactement comme je l'ai d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment. Les deux domaines s'enrichissent mutuellement sans brouiller leurs contours, de sorte que, sur le plan social \u00e9galement, il s'agit de deux cercles qui forment leurs propres contextes avec des personnes tr\u00e8s diff\u00e9rentes, mais qui apprennent l'une de l'autre, se d\u00e9fient l'une l'autre et s'enrichissent l'une l'autre.<\/p>\n<p><strong>Ariane Eichenberg<\/strong>: Les sections des belles sciences et des arts visuels sont toutes deux dirig\u00e9es par Christiane Haid. Il y a donc d\u00e9j\u00e0 un lien et un \u00e9change permanent. On peut le constater, par exemple, dans la grande exposition Rudolf Steiner <em>Enflamm\u00e9 par l'esprit du cosmos .<\/em>. au Goetheanum, qui sera expos\u00e9e jusqu'\u00e0 l'\u00e9t\u00e9 2026.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><a href=\"https:\/\/goetheanum.tv\/programs\/aus-des-kosmos-geist-entzuenden-trailer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8284\" src=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Screenshot-2025-09-24-at-8.51.03-AM.png\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"476\" srcset=\"https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Screenshot-2025-09-24-at-8.51.03-AM.png 900w, https:\/\/theliteraryarts.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Screenshot-2025-09-24-at-8.51.03-AM-480x254.png 480w\" sizes=\"(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) 900px, 100vw\" \/><strong>Cliquez ici pour visionner la vid\u00e9o.<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Christiane Haid a initi\u00e9 l'exposition, Pieter van der Ree en a assur\u00e9 le commissariat et nous avons \u00e9chang\u00e9 des id\u00e9es sur les textes et les images. Cela signifie \u00e9galement une \u00e9troite collaboration avec STIL. Stil ne serait pas STIL sans les arts visuels. Il se nourrit d'images, d'\u0153uvres d'art et de conversations avec les artistes<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Olivia Girard<\/strong>: \u00c0 une \u00e9poque domin\u00e9e par les m\u00e9dias num\u00e9riques, vous continuez \u00e0 vous appuyer sur un magazine imprim\u00e9. Quel r\u00f4le joue le format imprim\u00e9 pour vos lecteurs ?<\/p>\n<p><strong>Christiane Haid<\/strong>: Nous attachons une grande importance \u00e0 une conception visuellement et haptiquement belle et attrayante - quelque chose que l'on peut tenir, toucher et sentir.<\/p>\n<p><em>STIL<\/em> permet aux lecteurs de s'\u00e9vader de leur vie quotidienne sur \u00e9cran et de faire une pause cr\u00e9ative sans \u00e9lectricit\u00e9 ni stimuli nerveux. Les articles sont souvent difficiles et exigeants. Ils demandent de la concentration et de la pers\u00e9v\u00e9rance, car ils sont g\u00e9n\u00e9ralement beaucoup plus longs que les articles d'autres magazines. C'est particuli\u00e8rement important pour nous, car nous nous effor\u00e7ons de proposer des lectures approfondies de haut niveau et esp\u00e9rons que, m\u00eame dans notre monde au rythme effr\u00e9n\u00e9, il y aura toujours des lecteurs pr\u00eats \u00e0 prendre le temps et \u00e0 faire l'effort n\u00e9cessaire. Les num\u00e9ros restent pertinents au-del\u00e0 de leur date de publication. Gr\u00e2ce \u00e0 leur orientation th\u00e9matique, ils peuvent \u00eatre lus et relus, m\u00eame des ann\u00e9es plus tard, comme des livres.<\/p>\n<p><strong>Ariane Eichenberg<\/strong>: Nous ne pouvons pas l'affirmer avec certitude, car nous n'avons pas men\u00e9 d'enqu\u00eate pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question. Cependant, je suppose que nous avons des lecteurs qui souhaitent sp\u00e9cifiquement ce format imprim\u00e9. Nos articles sont exceptionnellement longs. Nous pourrions faire un livre de chaque num\u00e9ro de <em>STIL<\/em>. En outre, les th\u00e8mes et le langage sont sophistiqu\u00e9s. Il ne s'agit pas de textes que l'on peut simplement parcourir. Il peut arriver que l'on veuille revenir en arri\u00e8re pour relire quelque chose, voire surligner un \u00e9l\u00e9ment. Bien s\u00fbr, il est possible de faire tout cela au format num\u00e9rique, mais dans l'ensemble, cela plaide en faveur d'une \u00e9dition imprim\u00e9e qui invite \u00e0 s'attarder. Pour une version anglaise de <em>STIL<\/em>qui est en cours d'\u00e9laboration, nous souhaiterions toutefois, dans un premier temps, utiliser un format num\u00e9rique.<\/p>\n<p>Personnellement, je pr\u00e9f\u00e8re le magazine imprim\u00e9. Lorsque je cherche quelque chose dans un article, j'attrape toujours ma pile de <em>STIL<\/em> \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mon bureau, et je lis la version imprim\u00e9e. Le beau papier \u00e9pais, le grand format et l'aspect de la mise en page me donnent toujours envie de lire un peu plus loin et de feuilleter les pages.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Olivia Girard<\/strong>: Lorsque vous pensez aux ann\u00e9es \u00e0 venir, quels sont les d\u00e9veloppements que vous souhaiteriez voir se produire pour <em>STIL<\/em> et quels sont les sujets que vous aimeriez particuli\u00e8rement aborder ?<\/p>\n<p><strong>Christiane Haid<\/strong>: Nous voulons que notre magazine offre une orientation int\u00e9rieure et une profondeur. Nous voulons \u00e9galement aborder des sujets controvers\u00e9s sans tomber dans la politique. Il est \u00e9tonnant que Goethe, dans la tourmente de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, ait \u00e9t\u00e9 intens\u00e9ment pr\u00e9occup\u00e9 par la Perse et Hafiz, et que Schiller ait \u00e9crit ses lettres sur l'\u00e9ducation esth\u00e9tique de l'\u00eatre humain. Il me semble que l'effet profond de l'\u00e9ducation culturelle int\u00e9rieure par la po\u00e9sie, l'art et la philosophie est sous-estim\u00e9 et minimis\u00e9. Les gens cherchent le grand levier et oublient que ce sont les tonalit\u00e9s et les impulsions subtiles et silencieuses qui touchent et changent les gens. L'orientation des revues d\u00e9coule souvent du contenu des conf\u00e9rences organis\u00e9es par les deux sections au Goetheanum. Nous nous effor\u00e7ons \u00e9galement d'aborder des sujets et des questions pertinents en nous basant sur notre perception de l'actualit\u00e9, sur nos rencontres avec les gens et sur les pr\u00e9occupations et les impulsions int\u00e9rieures qui nous parviennent. Le centenaire de la mort de Rudolf Steiner me semble marquer un tournant important. J'ai l'impression que l'anthroposophie devrait franchir une nouvelle \u00e9tape dans les \u00e9v\u00e9nements culturels et contemporains, impr\u00e9gn\u00e9e de vie, sans z\u00e8le missionnaire ni connaissances sup\u00e9rieures, mais plut\u00f4t par int\u00e9r\u00eat profond pour l'\u00eatre humain et ses questions existentielles qui se posent en ces temps difficiles et stimulants.<\/p>\n<p><strong>Ariane Eichenberg<\/strong>: Bien s\u00fbr, nous aimerions avoir plus de lecteurs. Nous ne visons pas \u00e0 \u00eatre vendus dans les a\u00e9roports - nous devrions trop nous plier en quatre pour cela ! Mais il serait utile que nous puissions \u00e9ventuellement devenir autonomes. Il est agr\u00e9able d'entendre dire : \"Quel excellent magazine vous produisez !\". Ce serait encore plus agr\u00e9able si plus de gens l'achetaient et le lisaient. C'est l'aspect externe. Un objectif interne est de relier plus \u00e9troitement les th\u00e8mes anthroposophiques aux ph\u00e9nom\u00e8nes contemporains. A l'heure actuelle, ces ph\u00e9nom\u00e8nes sont surtout des guerres, mais nous nous concentrons \u00e9galement sur les d\u00e9veloppements technologiques qui d\u00e9truisent presque notre compr\u00e9hension de ce que signifie \u00eatre humain. Se pencher sur ces ab\u00eemes, trouver des moyens de les appr\u00e9hender dans une perspective anthroposophique et \u00eatre capable d'articuler ce que nous voyons, voil\u00e0 une t\u00e2che centrale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00c0 propos de l'\u00e9diteur et de la r\u00e9dactrice en chef<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dr. phil. Christiane Haid<\/strong>N\u00e9 en 1965, il a \u00e9tudi\u00e9 la langue et la litt\u00e9rature allemandes, l'histoire, l'art et l'\u00e9ducation \u00e0 Fribourg et Hambourg. Assistante de recherche \u00e0 l'Institut Friedrich von Hardenberg pour les \u00e9tudes culturelles, o\u00f9 elle \u00e9tudie l'histoire de l'anthroposophie au 20e si\u00e8cle. 2001 Assistante de recherche \u00e0 la section des beaux-arts. En 2006, scientifique culturel \u00e0 la Fondation Albert Steffen \u00e0 Dornach. Depuis 2009, directeur de la maison d'\u00e9dition Goetheanum. Doctorat en \u00e9tudes litt\u00e9raires : Mythe, r\u00eave et imagination. Les petits mythes d'Albert Steffen, B\u00e2le 2012. Depuis 2012, directeur de la Section des belles sciences au Goetheanum. 2019 \u00e0 2025 Directeur de programme du Goetheanum Verlag. 2024 Directeur de l'ann\u00e9e d'\u00e9tude de l'art au Goetheanum. Th\u00e8mes de recherche actuels : Humanisation de l'\u00eatre humain par la litt\u00e9rature, IA et transhumanisme, esth\u00e9tique et th\u00e9orie des sens de Rudolf Steiner, Christian Morgenstern, Rilke, Novalis, Goethe, l'\u0153uvre de Rudolf Steiner, entre autres.<\/p>\n<p><strong>Dr. phil. Ariane Eichenberg<\/strong>N\u00e9 en 1968, il a \u00e9tudi\u00e9 l'anthroposophie \u00e0 Stuttgart, la langue et la litt\u00e9rature allemandes et les \u00e9tudes slaves \u00e0 Heidelberg et Hambourg. Doctorat sur la litt\u00e9rature de la Shoah ; 2004 collaboration au projet de recherche \"Souvenir et m\u00e9moire\" \u00e0 l'Institut des hautes \u00e9tudes en sciences humaines (KWI) \u00e0 Essen. \u00c0 partir de 2005, assistante de recherche dans le cadre du projet de recherche \"The Search for Democracy in the Shadow of Violence. Concepts de la famille et de la soci\u00e9t\u00e9 pacifique entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle\" (Cologne). De 2005 \u00e0 2022, r\u00e9dacteur en chef du magazine \"Erziehungskunst\" (L'art de l'\u00e9ducation). Depuis 2007, professeur d'allemand \u00e0 l'\u00e9cole Waldorf libre d'Uhlandsh\u00f6he. 2010\/11 Assistante de recherche \u00e0 l'universit\u00e9 de Stuttgart, 2012\/13 \u00e0 l'universit\u00e9 de T\u00fcbingen. Depuis 2015, collaboratrice de la Section des belles sciences. Publications sur la m\u00e9moire et le souvenir, sur les traitements litt\u00e9raires des \u00e9v\u00e9nements traumatiques. Ses recherches portent sur l'importance de la litt\u00e9rature et de la langue \u00e0 l'\u00e8re num\u00e9rique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>10.09.25<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Section Leader Christiane Haid &amp; STIL Editor Ariane Eichenberg Dear Friends: STIL magazine is a German-language quarterly publication of the Section for the Literary Arts &amp; Humanities and the Section for the Visual Arts. 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