Un rapport de George Reitnour
“ L'École de poésie de Novalis ” *
Présentations de livres par le club de poésie de Kimberton, en Pennsylvanie
Juillet 2024 – juin 2026 | Compilé et présenté par George Reitnour
* Nom donné au groupe de travail du Pennsylvania Poetry Book Club par George Reitnour.
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De juillet 2024 à juin 2026, à raison d’une heure et demie par mois, les habitants de la région de Kimberton (Pennsylvanie, États-Unis) se sont réunis chez George et Melissa Reitnour pour échanger en ligne avec des personnes du Royaume-Uni, de la Suisse, des États-Unis et du Canada pour discuter de livres écrits par des poètes ayant eu un certain contact avec l’anthroposophie (qu’il s’agisse d’avoir assisté à des conférences de la Société de Recherche, comme Rilke, ou d’y avoir été pleinement engagés, comme Ege ou Barfield). Au risque de froisser les conservateurs, appelons ces ouvrages, dans leur ensemble, une sélection issue de “ l’École de poésie de Novalis ”. Les présentations de George (ci-dessous) pourraient vous aider à déterminer quels livres de ces poètes seraient les plus bénéfiques pour votre communauté. Remarque : les prix indiqués peuvent avoir changé ; tous les éditeurs ne figurent pas dans la liste ci-dessous ; et tous les livres ne sont pas encore disponibles.
Poètes cités dans ce rapport
Aldan, Daisy · Allison, John · Barfield, Owen · Bingham, Matthew R. A. · Bruckner, Peter · Davidson, Annalies · Donaldson, David · Dreier, Alexander · Fischer, Luke · Garbisch, Leif · Garlieb, Melissa · Gold, Monica · Hess, Lory Widmer · Hoy, Andrew · Johnston, Caryl · Kobrin, Una · Lukas, Jody (enseignante à l'école Waldorf) · MacKaye, Percy. · MacKaye-Barnes, Christy · MacKaye-Ege, Arvia · Matthews, Paul · Middleton, Rowan · Millar, Gabriele Bradford · Morgenstern, Christian · Morrow, Nicholas Michael · Novalis (1772-1801) · Ploegen, Maarten · Polikoff, Daniel Joseph · Raine, Kathleen · Rilke, Rainer Maria · Reitnour, George · Rennick, Peter · Richards, Mary Caroline · Rubano, Joseph · Sass, Gregory · Stedall, Jonathan · Steel, Richard · Steffen, Albert · Thatcher, Philip · Ziguras, Jakob
Critiques de livres, de A à Z
Aldan, Daisy Recueil de poèmes : Amazon.com : Livres (Sky Blue Pr, 2002 ; 496 pages, $40,00). “ Les Éléments ”, avec ses sylphes, ses gnomes, ses ondines et ses salamandres, “ La Promenade ”, qui décrit une balade au Goetheanum, “ Elle est entrée dans la nuit ”, “ Porto Plato ” et tant d’autres magnifiques poèmes inspirés par l’anthroposophie que l’on trouve dans cet ouvrage sont confrontés aux épées de la conscience, à l’instar de ses “ Lecture de poésie au Harvard Advocate ” et “ L’hymne national ”. Un livre “ incontournable ” ; si vous n’avez pas la place pour ce gros ouvrage, procurez-vous les précédents, comme le petit livre violet Percée livre dont la couverture représente une figure d'eurythmie.
Allison, John Une façon de voir les choses (Lindesfarne Books, 2003 ; 160 pages, $16,95). John’s Une manière de voir (il a écrit plusieurs autres livres) est un ouvrage formidable, incontournable pour les poètes et les lecteurs qui s'intéressent à Hopkins, Rilke et d'autres poètes qui font preuve d'une grande perspicacité et d'une grande imagination. Le livre contient quelques-uns des poèmes de John.
Barfield, Owen La Tour Parlor Press, 2021, 330 pages, avec notes, bibliographie et index — Taylors. $34,99. Pour plus de détails, si vous avez les moyens, lisez : Jeffrey Hipolito à propos de Barfield, Routledge, 2021 $144.00. Bien sûr, nous savons que nous devrions lire Barfield. Après tout, C. S. Lewis, Tolkien, Eliot, Auden, Howard Nemerov et Saul Bellow l’ont fait. J’ai essayé. Mais tant que je n’ai pas lu sa poésie avec d’autres dans un groupe, elle m’a plombé d’ennui. Pour un groupe de lecture, par contre, waouh !… C’est mieux qu’une énième série de conférences sur le karma !
Bingham, Matthew R. A. Le livre dans le temple (presswarehouse.com) (Lindisfarne Books, 2016) 141 pages $18,00. D’après la quatrième de couverture, Matthew a souffert de schizophrénie, et cet ouvrage pourrait être utile aux personnes confrontées à cette maladie, que ce soit directement ou à travers des proches (peut-être bien plus de personnes que nous ne le pensons).
Bruckner, Peter Le filet à papillons (Recueil, 2024). Voilà un artiste, s’il en est ! Les spectacles de marionnettes, les pièces de théâtre, les peintures, les bijoux, les vitraux, les nouvelles et surtout les poèmes de Peter captivent et émerveillent ses trois fidèles admirateurs les plus avertis, ainsi que son admirateur le moins averti, c’est-à-dire moi. Bien que ses nombreux petits recueils soient une véritable aubaine, il faudrait, au sens figuré, le pousser à publier ses poèmes d’une manière qui les rende accessibles au monde entier.
Davidson, Annalies Views (disponible chez Lulu, 2024) 162 pages $5,54 + frais de port (env. $6) Un recueil de “ vers libres ” qui invite à la réflexion (bien que plus attentive au rythme et à la sonorité que la plupart des poèmes de ce genre… Les eurythmistes ne peuvent s’en empêcher). Des poèmes comme “ Stopping ” (Annalies et un cerf), “ Monogamous ” (Annalies, une oie et Pénélope) et “ Wearing Sable ” (Annalies et un faucon, qui rappelle le “ Windhover ” avec sa référence à ce qui est le plus cher), viennent agrémenter cet ouvrage au cœur ouvert, coproduit par sa collègue poète et eurythmiste, Lory Widmer-Hess.
Donaldson, David Les douze sens (Wynstones 2023) 60 pages, $19,95. Ce livre est tombé à point nommé pour certains d’entre nous qui suivions un cours d’initiation à l’anthroposophie dans notre section locale, puisque nous l’avons étudié quelques jours avant d’aborder ce sujet. Cet ouvrage pourrait être lu par un groupe d’étude en parallèle de celui d’Albert Soesman. On pourrait dire que la profusion de spondées et de trochées dans cet ouvrage ambitieux témoigne de la volonté et de la réflexion qui sous-tendent une telle production. Les amateurs d’anglais ancien apprécieront certaines allitérations.
Dreier, Alexander Le cerveau est une frontière : à propos de la démence à corps de Lewy (LindisfarneBooks, 136 pages, $7,99. Voir la biographie d’Alexander dans Journal « Biodynamie », printemps-été 2020). Poèmes d'une belle âme atteinte de la maladie de Lewy.
Fischer, Luke Un pari pour ma fille (Vagabond Press, 2022). Ce philosophe et poète australien se dresse héroïquement entre sa fille et les forces démoniaques qui chercheraient à lui faire du mal avant même qu’elle n’atteigne l’âge adulte. L’épopée “ Orphic Elegy ”, brève histoire du monde telle que la perçoit Orphée, qui ne cesse de se réincarner, ainsi que “ The Gods are Silent ”, montrent clairement que le poète est conscient des défis environnementaux et sociaux auxquels l’humanité est confrontée, et le poème éponyme expose avec humilité la manière dont il prie pour y faire face. Ce poème pourrait être recommandé aux parents d’élèves des écoles Waldorf et aux artistes.
Garbisch, Leif (24 Alkion Press 2021, 47 pages ($7). Leif est photographe, écrivain et “ snowbird ” (entre Sarasota et Gand) ; dans des poèmes tels que ” For Everything Included ”, “ Incarnate ” et « River », il fait preuve d’un regard attentif sur le monde, d’une grande sensibilité envers les gens et d’une reconnaissance sincère de l’étape où il se trouve dans son parcours spirituel.
Garlieb, Melissa Distribution de pommes à Eden (Phoenix Books)) (2014. 94 pages ; $15,95 + $7,50 de frais de port). Voilà un livre qui fait parler de lui ! On n’y cache pas grand-chose… Touchant et surprenant, une lecture divertissante pour les groupes ou pour tous ceux qui ont envie de trouver l’amour.
Gold, Monica Un recueil de poèmes spirituels — Les Éditions Perceval (190 pages, référence $22CA, expédition depuis le Canada). Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe sur un ouvrage comportant à la fois une table des matières et un index thématique sous des rubriques telles que « Anthroposophie », « Communauté », « Mort », « Fêtes et célébrations », « Maladie et souffrance », « Michel », « Formation occulte »… Les poèmes, même les plus longs, composés par cet enseignant dévoué pour aider les autres, sont comme de petits mantras ou des conseils, dépourvus de tout le sarcasme que l’on retrouve dans de nombreux épigrammes.
Hess, Lory Widmer Voir À la recherche de la magie dans la vie, la langue et la littérature Quand les fragments forment un tout – BibleHealingStories (Florys Press 2024) 274 pages $22,95. Bien qu’il puisse se lire seul, cet ouvrage est particulièrement adapté à une lecture collective au sein d’une paroisse ou d’un groupe de discussion. Récit ou poème évangélique de guérison après récit ou poème évangélique, explication après explication, révélation de soi après révélation de soi, Lory donne vie à ces récits évangéliques avec détermination (et c'est une femme d'eurythmie à la volonté de fer !). Le message peut se résumer à la question posée par le Christ : “ Veux-tu guérir ? ” Le simple fait de lire ce livre – et de surmonter la tentation de notre époque qui consiste à rejeter la faute sur les autres – pourrait bien vous inciter à le faire !
Bonjour, Andrew Poèmes pour plusieurs voix (49 pages — non disponible en ligne). Ce petit livre, illustré par Cornelius Pietzner, éblouit par sa virtuosité métrique et allitérative ; il est tantôt aussi léger que peuvent l’être les pas d’un enfant, tantôt aussi lourd qu’ils peuvent l’être (y compris ceux d’un enfant plus âgé comme MC Richards). Il comprend des méditations et un requiem, et c’est un vrai plaisir à lire, mais (Na-NaNaNa-Na !) bonne chance pour trouver cet ouvrage, qui m’est parvenu par l’intermédiaire d’un vieil ami en 1986 !
Johnston, Caryl Au lieu des yeux : Amazon (Hawthorne Press, 1970, 46 pages, $, 14,94), Fais-moi plaisir, juste cette fois : Amazon (Lulu.com, 2014, 93 pages, $10,98), Conteur à Times Square (2023, 76 pages, $6,50). Une poésie rafraîchissante et érudite de la part de l'auteur controversé de De Boston à Birmingham (un recueil d'essais… qui vaut le détour en soi). Ses livres deviennent de plus en plus “ jeunes ” à mesure qu'elle mûrit ; commencez donc par le dernier ouvrage, Conteur, dont le poème éponyme raconte sa visite à New York le 9 septembre 2002 en compagnie de l’eurythmiste et écrivaine Linda Sussman. Vous serez alors prêt à découvrir la surprise que vous réservent ses premiers poèmes : les explorations bibliques de Au lieu des yeux, et cette introspection, à la manière d’un psaume, Fais-moi plaisir. À l’instar de Rilke, aussi imprégnée d’anthroposophie soit-elle, elle affirme son indépendance vis-à-vis du culte de Steiner avec autant de véhémence qu’elle rejette les promesses illusoires de la modernité. Elle n’écrit pas en premier lieu pour les âmes sensibles, même si celles-ci le regretteront si elles ne lisent pas ces poèmes, car certains sont d’une grande tendresse (peut-être rendus encore plus attachants par leur contexte).
Kobrin, Una Mots entre l'obscurité et la lumière : Amazon (Orchard Academy Press, 2023, 202 pages $17.18). Cette poétesse, qui participe aux travaux des sections anthroposophiques et apporte sa contribution au monde à de nombreux niveaux (de la psychothérapie au jardinage en passant par le développement communautaire), nous fait découvrir ce monde béni à travers une poésie qui inclut – et le mot “ inclut ” n’est peut-être pas suffisamment inclusif – le monde minéral, les plantes, les animaux, les êtres humains… Les œuvres ! Un autre ouvrage “ incontournable ” pour tous ceux qui apprécient le monde et les autres et qui souhaitent devenir plus humains.
Lukas, Jody (enseignante à l'école Waldorf) Je regarde le monde… (presswarehouse.com) (Wynstones Press, 2021 ; 162 pages, $17,95). Il s’agit d’un recueil de poèmes écrits par une enseignante d’école Waldorf et dédiés à ses élèves. Les poèmes sont regroupés en chapitres, chacun destiné à des élèves d’un certain âge, en commençant par des poèmes pour les 8-9 ans qui traitent du travail, puis, à mesure que les âges avancent, des animaux, des plantes, des minéraux, des personnages historiques et enfin, pour les 13-14 ans, aux idéaux. Vient ensuite un chapitre de poèmes résumant le programme scolaire de chaque année, puis enfin des poèmes destinés à accompagner les cours. On peut relever quelques imperfections métriques dans “ Seaweed ” et dans “ The Trojan Horse ”, mais la perfection n’est pas le but de cet ouvrage ; ce qui compte, c’est le cœur qui y est mis, et par conséquent, ce livre peut servir de guide aux parents et aux futurs enseignants pour leur montrer à quel point l’engagement artistique des enseignants Waldorf peut être profond au service de leurs élèves.
MacKaye, Percy. Comme le décrit Henry Barnes dans son livre, Percy MacKaye, poète des mondes anciens et nouveaux, Percy, qui vécut de 1875 à 1956, était un ami de Robert Frost, d’Isadora Duncan et de la famille de Woodrow Wilson ; il noua par la suite une solide amitié avec le poète suisse Albert Steffan, qu’il avait rencontré par l’intermédiaire de sa fille Arvia (voir ci-dessous). Nous n’avons pas suffisamment abordé son œuvre dans cet ouvrage, mais un poème en particulier a retenu notre attention, qui commence ainsi : “ Je suis un pont — Dieu / Ne me laisse pas me fissurer. / La rive vers laquelle je m’élance / A besoin de la rive d’où je suis parti. En arrière / Et en avant, je dois regarder / À travers la brume, / Afin que la jeunesse puisse me traverser, dans les deux sens. ”
MacKaye-Barnes, Christy Le vent dans l'herbe (1931) (essayez sur eBay : $20-$35) et Une blessure m'a réveillé : Poèmes (Adonis Press, 1994) 119 pages - $17.14 Ce poète, artiste de la parole et enseignant a été le principal contributeur à un magnifique recueil d'essais, Par amour de la littérature ($9.96) ; ne manquez pas de lire l'interview qui y figure pour vous faire une idée de la façon dont fonctionne le destin ! Christy’s Le vent dans l'herbe a été écrit alors qu’elle avait à peine plus de 20 ans. C’est le magazine *Harpers* qui l’a publié, et c’est Edwin Arlington Robinson qui en a rédigé l’introduction ! Un traitement inhabituel pour une jeune poétesse, mais elle n’était pas n’importe qui… C’était la fille de Percy, et bien plus encore !… Formée à l’art de la parole au Goetheanum dans les années 1930, elle a fui l’Europe à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et a été parmi les premières à introduire la pédagogie Waldorf aux États-Unis. Ses derniers poèmes méritent d’être lus pour la richesse de l’expérience qu’ils transmettent et pour l’attention qu’ils portent aux sonorités de la parole.
MacKaye-Ege, Arvia Le fer secret du cœur : Amazon.com : Livres (Adonis Press, 1982. 182 pages. $9,99). Arvia faisait partie des jeunes présents à la Conférence de Noël de 1923. Cet ouvrage, publié par la maison d’édition de sa sœur Christy, à l’exception de quelques poèmes un peu mièvres dédiés à Steiner, Steffan, sa sœur et d’autres personnes, contient de nombreux poèmes magnifiques qui accordent une grande importance à la rime et à la métrique, notamment “ O My Angel ”, qui pourrait être utile aux eurythmistes et aux artistes de la parole. Si les critiques des années 1970 et du début des années 1980 n’auraient sans doute pas approuvé ces poèmes s’ils les avaient vus, ils n’ont probablement pas eu l’occasion de découvrir cet ouvrage, et ces poèmes (ainsi que ses traductions) méritent aujourd’hui un regard neuf de la part de critiques plus familiers avec la poésie traditionnelle.
Matthews, Paul Le terrain que l'amour cherche (1996) 128 pages ; pour se procurer le livre, contacter l'auteur via son site web). Paul est sans doute surtout connu pour les cours et les ateliers qu'il a animés (de nombreux poètes de l'École Novalis les ont appréciés, notamment Garlieb, Reitnour et Thatcher), ainsi que pour son Chante-moi la Création Un guide de l'écriture poétique, un ouvrage indispensable à tout professeur de poésie et animateur d'atelier. Vous y trouverez, dans Le sol que l'amour cherche, quelques poèmes que vous pouvez lire à des amis de passage ou pour lancer un événement, notamment “ A Welcome ”, ainsi que des textes pleins d’énergie comme “ The Wild Tibetan Donkey ”, qui rappelle “ The Ass ” de D. H. Lawrence, tous parfaits pour être récités. Il préférerait sans doute être considéré comme un poète inspirant et réfléchi plutôt que comme un “ poète influencé par l’anthroposophie ”. Désolé… Il est les deux à la fois…
Middleton, Rowan Le troupeau volé (2018 ; brochure — 24 pages, 5,00 £ + frais de port) et Étoiles et ombres (2025). Paul Matthews m’a parlé de Rowan, qui enseigne l’écriture et la littérature à l’université du Gloucestershire en Angleterre, et Rowan, à son tour, m’a parlé de Fischer et de Ziguras. Le “ Poetry Book Club ” a beaucoup apprécié les poèmes narratifs de Rowan, tels que “ St. Cuthbert ” et le poème-titre faisant référence à la mythologie galloise, son utilisation de l’allitération et des rimes obliques, l’amour de la parole qui transparaît dans ’ Oaklines “, ainsi que ses descriptions paisibles du monde naturel où l’on peut entendre les échos du vers de Hopkins, ” No wonder of it… » dans tout son contexte merveilleux. Étoiles et ombres Il a proposé “ The Fourth Task ”, qui incite à réfléchir à la manière dont on réagit lorsqu'on est attaqué, “ After Gardening ”, qui rappelle le style des imagistes, ainsi que d'autres poèmes plus descriptifs, d'une métrique agréable. Des livres sympas qui éclairent et réchauffent le cœur. Encore, s'il vous plaît !
Millar, Gabriele Bradford « Crackle of Almonds : Poèmes choisis » : Amazon.co.uk (2012 ; 84 pages). Paul Matthews évoque dans la préface la “ voix résolument romantique ” et le “ ton généreux ” de cette autrice. Elle ne se dérobe pas… De “ Death Is a Soft Word ” (1977), où “ Mort… / Tu es le dernier et le meilleur amant ; /Tu ne nous abandonnes jamais ” jusqu’à *In Exile Here* (2011) où elle s’engage à retourner à une vie difficile à supporter en affirmant : “ Nous ne sommes pas ici pour mourir d’une mort romantique prématurée ;/nous sommes ici pour servir ”, elle nous fait voyager chronologiquement à travers ses années. Les lecteurs de longue date souriront peut-être en se reconnaissant dans ces vers ; les plus jeunes, avec espoir.
Morgenstern, Christian Nous avons trouvé un chemin (Mercury Press ; cet ouvrage a été rédigé peu avant sa mort, survenue en 1914 des suites d’une tuberculose) ; traduction de 1994 par R. H. Bruce). 99 pages, $, 13,95. Christian en vint à être considéré par Steiner comme “ un véritable représentant de l’anthroposophie ” grâce à des ouvrages comme celui-ci, mais il était déjà populaire auparavant pour des poèmes tels que “ Un âne morose, las de la vie, / Dit à sa fidèle et légitime épouse :– / ’Je suis si ennuyeux, tu es si ennuyeuse, / Que ferons-nous ? Mourons, ma vieille !’/Mais telle est la vie, et ainsi en sera-t-il :–/Les deux continuèrent à vivre joyeusement. ” Le Chemin d'accès Cet ouvrage, écrit dans un ton plus sérieux mais non moins perspicace, pourrait s’avérer une lecture salvatrice pour toute personne qui souffre et qui, soit aspire à la compagnie d’autrui, soit en est reconnaissante.
Morrow, Nicholas Michael Les Chroniques de Misty Mountain (“ MMC ”) est une collection de livres éditée par Misty Mountain Publishing, comprenant (par ordre décroissant) : Quand on fait une promesse à la muse : l'illustratrice Ami :, 6×9, 238 pages, et al. – 2024 $24.87 ; Le miroir et la muse : Illustratrice : Amy Spangler, Ami 2024, 250 pages, Amazon.com : Livres, $17,95 ; Réflexions sur les montagnes brumeuses ; Illustrateurs : Rutledge et Spangler 2022, 202 pages, $18,70 ; et la préquelle. Danser au rythme de la musique – Illustratrice : Marianna Lands 2024, 210 pages, $14,98. La série MMC est un ensemble de recueils de poésie conçus et réalisés avec un grand sens artistique, qui traduisent la sensibilité et la bienveillance de cet auteur dévoué qui, depuis son domicile près de Yelm, dans l’État de Washington, a grandement contribué à la critique littéraire de nos rencontres poétiques. Un homme au grand cœur, dans l’air du temps… À lire si vous vous intéressez à ce genre… Nous avons également chroniqué son précédent ouvrage Chansons dédiées à la bien-aimée et à ses amants (2007, 241 pages, $10,99), que l'on pourrait comparer à une fusion entre l'âme de Hafiz et l'esprit de Rumi.
Novalis (1772-1801) Hymnes à la nuit ; Novalis : un texte de scène – Traduction de Bruce Donehower 2025, 45 pages, $9,99. Cette traduction du Dr Donehower (spécialiste de Novalis et directeur de la Section nord-américaine des arts littéraires et des sciences humaines) a été le dernier ouvrage, et le plus important d’un point de vue historique, que nous ayons examiné dans notre série. Un siècle avant Steiner, Novalis se fait le porte-parole de l’anthroposophie, ce que Steiner reconnaît d’ailleurs dans ses dernières conférences (ainsi que dans les précédentes). Ce poème, les cours magistraux dispensés par Steiner et la Méditation sur la pierre de fondation pourraient être conservés ensemble comme des références incontournables. Cet ouvrage constitue une merveilleuse ressource sur les origines et l’évolution du poète et du poème, ainsi qu’une traduction rafraîchissante de ce dernier (d’après ce qu’on m’a dit).
Ploegen, Maarten Lune de miel dans le deuil (Adonis Press, 2017) 100 pages traduites par Matthew Dexter. $16,95. Le livre de Maarten, écrit pendant la maladie de sa femme et/ou dans les mois qui ont suivi son décès, offre une voie à ceux qui avancent à tâtons après le départ d’un être cher, peut-être en ignorant les panneaux “ Zone de falaise dangereuse – Ne pas entrer ”. Un poème dit : “ C’est toi le webmaster maintenant… ” Dans un autre, “ Doglatin ”, il tombe sur son écriture : “ Comment est-ce possible pour toi / de vivre si intimement dans un personnage / à travers lequel ton être rayonne ? ” Et partout, il tend la main vers elle dans une parole belle et réfléchie, étant avec elle, sans elle… La moitié des couples mariés aura besoin de ce livre un jour ou l’autre, et l’autre moitié devrait le lire plus tôt.
Polikoff, Daniel Joseph 2026-03-21 Dragon Ship (2007) McAllister & Solomon Books (abebooks.com)(74 pages, $30,00). Cet ouvrage de Daniel, titulaire d’un doctorat en littérature comparée, traducteur, disciple de Rilke et auteur aux nombreuses publications, se divise en deux recueils de poèmes, chacun organisé par saison. La magie du poème-titre et le récit des questions d’enfants dans ’ Et si un poisson avait la varicelle “ font resurgir des souvenirs de moments passés avec des jeunes ; puis viennent des poèmes percutants comme ” Jour un “, ” Lettre à la secrétaire “ et ” Dead Man Walking “, qui pourraient, plus tard, entraîner ces mêmes enfants vers des champs ou des pièces de la mort. Nous pouvons discerner les mythes contrastés et les prières, et faire preuve d’objectivité face aux défis intellectuels que posent ces poèmes, à l’image du professeur de Daniel ” qui travaillait la nuit dans un poste de péage / pour garder l’esprit libre… “
Raine, Kathleen Poèmes choisis (1988 ; 157 pages ; $15,99). Je suis démasqué ! Non, je ne sais pas si Raine avait un quelconque lien avec la Société anthroposophique, mais “ The Hyacinth ” (et l’expérience de 1940 qui a donné naissance au poème, telle qu’elle l’a racontée dans Le Pays inconnu, sans oublier le fait d’avoir été élevée par une mère tout aussi comblée), les “ Trois poèmes de l’incarnation ” d’une puissance incroyable, “ Rock ”, et son combat de toute une vie contre le dualisme (voir son Défendre les sources antiques) suggèrent que l’anthroposophie a frappé à la porte de son cœur et lui a dit, comme l’a décrit Steiner : “ Laisse-moi entrer, car je suis toi-même ; je suis ta véritable nature humaine. ” Même si elle n’a pas été influencée par l’anthroposophie, elle influence les anthroposophes, ce qui n’est pas négligeable. Je vous invite à lire ses livres et à vous faire votre propre opinion.
Rilke, Rainer Maria Cinquante poèmes – NY Review of Books traduit par Geoffrey Lehmann (2025 – Extrait de Nouveaux poèmes; $16). À l’instar de Raine, Rilke est un autre auteur qui intéresse davantage les anthroposophes que ces derniers ne l’ont intéressé lui-même, même si j’ai lu qu’il avait assisté à une ou plusieurs conférences de Steiner et qu’il avait discuté avec (et déçu) Albert Steffen. Quoi qu’il en soit, Rilke a fini, avec l’aide de Rodin, par porter un regard objectif et attentif sur les choses, et ce livre est sa méditation sur ce qu’il a vécu à travers ces études. Après s’être accroché aussi longtemps qu’il l’a pu à l’« abjectivité » [sic… C’est plus amusant de faire un jeu de mots sur l’objectivité que de parler d’abjection], après s’être assagi entre-temps, il est probable qu’il fréquente désormais les événements anthroposophiques ; soyez donc aimables avec les inconnus, au cas où. Les poètes ont beaucoup à apprendre en étudiant ce petit livre, traduit par Lehmann, poète, anthologiste, avocat fiscaliste d’entreprise, etc., australien, qui, à l’instar de Villeneuve traduisant les mantras de Steiner, a conservé les rimes et la métrique des originaux… Si Rilke ne l’entendait pas ainsi que Lehmann l’écrit, il aurait dû.
Reitnour, George Millennial Buckle, Poèmes choisis 1975-2025 (Amazon, 2025 ; 750 pages ; $23.58) C’est un peu obsessionnel d’avoir daté chacun des milliers de poèmes écrits entre 1975 et 2025, mais voilà, quoi qu’il en soit… J’en ai marre de ce livre ! Quoi qu’il en soit, rendez-vous sur le site reitnour.com (pas celui du fabricant de caravanes qui attire tant d’internautes) pour lire quelques-uns des poèmes et trouver des liens vers des lectures sur Soundcloud afin de décider quoi faire de ce livre.
Rennick, Peter Ai-je manqué un jour ? : Il s'agit d'un blog, pas d'un livre papier. Vous pouvez vous rendre sur le site pour découvrir l'œuvre de ce poète prolifique (réponse : il n'a pas manqué beaucoup de jours, une fois qu'il s'est lancé !) et dévoué, qui participe aux activités de la section littéraire. Pourquoi ne pas y jeter un œil ? C'est gratuit ! Joyeuse Saint-Valentin !
Richards, Mary Caroline Imaginez que vous inventiez le jaune (2010, 158 pages, $9,80). Céramiste, essayiste et poète ayant vécu la fin de sa vie au Camphill Village de Kimberton Hills (certaines de ses céramiques sont exposées dans le narthex du Rose Hall), le Dr Richards a enseigné au Black Mountain College et à l’université de Chicago, et a été l’amie et/ou le mentor de nombreuses personnalités artistiques de renom. Ses poèmes “ Music ” (inspiré de “ L’expérience du son par l’être humain ” de Steiner) et “ White Daffodil ”, qui accompagnent le tableau de Buechner du même nom sur la page opposée, constituent à eux seuls une raison suffisante pour acheter cet ouvrage.
Rubano, Joseph Cette vie amoureuse de folie 2025, 214 pages, $17. Comment ce merveilleux poète a-t-il pu passer inaperçu dans les cercles anthroposophiques d’Orient, et combien d’autres comme lui existent-ils encore ? Lisez “ Qu’est-ce qu’un poème ? ”, dont la première ligne est “ Je ne sais vraiment pas ”, mais qui énumère ensuite des éléments de méditation qui ne peuvent que mener à la poésie ; réjouissez-vous des rythmes de “ Holy Speech ”, qui raconte comment son enfant disait “ Mange ” pour l’appeler à table ; si votre pratique spirituelle inclut l’exercice “ ne pas pleurer ” de Steiner, lire “ Saying Goodbye ” [à son père] sans verser une larme pourrait bien être votre examen final.
Sass, Gregory Shadows (Amazon) Florys Books 2024, 150 pages, $6,20 ; Grandir vers la lumière (Amazon) 2023, 94 pages $6.24 ; et Enfant de la guerre (Amazon) 2025, 124 pages, $25,20 (Kindle $7,90). Ce poète a vécu la Seconde Guerre mondiale alors qu’il était enfant en Allemagne, mais a-t-il été en contact avec l’anthroposophie ? Eh bien, peut-on vivre à Hesperus Village, à Toronto, juste à côté de l’école Waldorf, sans l’être ? N’en avez-vous pas assez de cette question ? Ne devrions-nous pas simplement parler de poésie ? Certes, certains de ces poèmes sont moralisateurs, mais il a ses raisons… “ Réveillez-vous et écoutez ceux qui ont de l’expérience pour ne pas avoir à en faire l’expérience vous-mêmes ”, dit-il en substance. Ces livres ont pour but de tirer la sonnette d’alarme pour notre époque. Dans *Shadows*, lisez “ Dangerous Times ” et “ Why ” ; et dans En pleine croissance, le poème “ 1954 Niagara Falls ”, avec ses vers “ Je suis reconnaissant du souvenir / d’un samedi matin ensoleillé / quand j’avais seize ans. Pendant quelques heures / j’étais une adolescente comme les autres… ” est mis en contraste avec le poème précédent, “ Mes camarades de classe ”, qui décrit comment “ Ils désamorçaient une bombe / pour la vendre à la ferraille ”. Dans cet ouvrage, Gregory inclut une citation d’Hannah Arendt selon laquelle le sujet idéal du régime totalitaire est celui qui est incapable de faire la distinction entre la réalité et la fiction. Euh…
Stedall, Jonathan No Shore Too Far (presswarehouse.com) (Hawthorne Press, 2017, 160 pages, $16,00). La préface nous présente Jackie, l’épouse du poète, une mathématicienne respectée qui est décédée à l’âge de 64 ans. “ Elle n’aimait pas le mot ‘lutte’ lorsqu’il était associé à sa maladie. Pendant deux ans, elle a ‘vécu’ avec le cancer ”, en gardant “ une confiance sereine en l’avenir ”. Le poète explique que pour lui, “ la mort est une transition plutôt qu’une fin ”, et il a commencé à écrire des poèmes pour elle, et à son intention, environ un an plus tard. Les poèmes sont presque exclusivement écrits en vers iambiques, ce qui, selon Steiner, convient le mieux à la poésie lyrique, où l’on s’efforce de pénétrer dans l’univers des sentiments ; mais, comme c’était le cas chez Frost, la quête de ce poète est celle d’une personne réfléchie et contemplative. En lisant tous ces poètes, on se rend compte qu’ils auraient tout à gagner à se lire les uns les autres ; que cette “ école ” de poètes est destinée à être réunie (comme dans un travail de section !… Avec ceux qui attendent désormais leur renaissance !). Par exemple, dans “ God ”, Jonathan écrit : “ ce que ma raison a tendance à faire… c’est de me dire que j’ai besoin d’un sens supplémentaire, / en plus de ces cinq précieux, / pour m’aider à saisir /… ce qui doit bel et bien exister… ” Il pourrait lire le livre de Donaldson sur les “ Douze sens ” ! Quoi qu’il en soit, le livre de Jonathan est une lecture charmante et apaisante.
Steel, Richard Sous les étoiles de la connaissance (2024, 88 pages, 18,00 €). Les poèmes de Richard sont manuscrits, et des notes biographiques dactylographiées figurent sur les pages en regard, que les lecteurs ont trouvé très agréables à lire en parallèle des poèmes. La première note décrit les origines de son premier poème, écrit à l’âge de 11 ans : son professeur lui avait demandé d’écrire un poème sur ce que Richard voyait. Cela fait penser à Rodin et à Rilke, et en effet, Richard éprouvait pour son professeur une admiration et un respect similaires à ceux que Rilke ressentait pour Rodin. Le titre du livre est tiré du poème de Richard “ Je ne marche pas seul ”, précédé d’une note dans laquelle il exprime sa gratitude de ne s’être fait aucune idée des anges gardiens avant d’en rencontrer un. “ Alors que je m’avance vers l’inconnu, / craintif mais résolu, une traînée d’étoiles s’est répandue / à travers l’arc du ciel nocturne, / illuminant mon chemin. Et les étoiles chantent doucement à mon âme, / m’assurant que je ne marche pas seul. / Et le sens du chemin s’élève, / peu à peu, avec chaleur, jusqu’à mes pieds, tandis que la terre accueille mes pas. ” “ Red Bird in Winter ”, “ Friend at the threshold ” (dont la majeure partie de la première strophe se veut dactylique) et “ November is an Old Friend ” ; vous aurez envie de lire le reste des poèmes aussi, et vous devriez le faire.
Steffen, Albert La force du vol de la résurrection :| Barnes & Noble (171 pages, $16,95). Il existe des essayistes et des penseurs inspirants, comme Emerson et Thoreau, qui ont écrit de magnifiques textes À propos de la poésie, mais dont les propres poèmes sont moins inspirants que ses autres écrits. Si vous lisez les poèmes d’Albert inclus dans ce livre, vous pourriez vous demander : si c’est là la seule source d’énergie pour l’envol de la résurrection, comment ce bébé va-t-il bien pouvoir décoller ? Oh ! Quelle mélancolie !… Peut-être fallait-il le connaître ?… Certes, c’était un artiste dévoué et sérieux, grandement apprécié par Steiner, et vice versa. On ne peut pas le savoir d’après la traduction (réalisée par 18 traducteurs !?), mais il aurait sans doute pris à cœur les considérations de Steiner sur les vers iambiques, trochaïques et spondaïques — peut-être même qu’Albert a aidé Steiner sur ce point. Même s’il l’a fait, je n’ai pas encore trouvé que ces idées s’appliquaient à la poésie en anglais. Lisez ce livre et convainquez-moi d’adhérer à cette idée !
Thatcher, Philip #1 Fine Matter (2020) ; #2 Good Time (2022). Tous deux disponibles via Les Éditions Perceval$25CA + frais de port depuis le Canada. Il est peut-être aussi mélancolique que Steffen, mais ses poèmes possèdent une vitalité qui ferait trembler les arbres s’il marchait parmi eux, comme dans ’ The Trees Turned “ (#1). Si vous ne deviez lire qu’un seul chapitre, par exemple ” Brush of Light “, vous vous retrouveriez sans doute sur le site de l’éditeur en train de commander le livre. Vous y découvrirez ” Sunday Morning… “, ” Un chalutier gémit / alors que son ancre s’alourdit / puis grogne vers le large / dans la lumière du soleil / grignotant la brume “. Dans le contexte de ” Who Are You “, vous découvrirez ” Sweet New York “ et ” Must as Kings Come “, qui expriment avec vivacité une admiration pour l’imagination et pourraient vous rappeler les poèmes de Jane Kenyon Sinon. Mais ne vous arrêtez pas là. Dans Bon temps, publié deux ans plus tard, il faut au moins lire “ À l’écoute de Sofia Gubaidulina ” tout en écoutant son “ Cantique du Soleil ”. “ Hanté par le Rwanda ” et “ Pour Jonah, à 20 ans ” devraient nous amener à nous demander : que faudra-t-il pour changer le monde ? La question de ’ Blowin’ in the Wind »… Si votre cœur est déjà en émoi, ces poèmes vous tiendront compagnie, et c’est pourquoi Philip devrait être, s’il ne l’est pas déjà, l’un des poètes les plus aimés du Canada.
Ziguras, Jakob Miroirs vénitiens (342 pages, 2024, $23.68). Waouh ! Un recueil de sonnets où le poète respecte la forme du sonnet au verso des pages, puis, sur les pages en regard, déconstruit chaque sonnet en utilisant les mêmes mots ! Ce livre n’est pas un jouet. Passant de la naïveté de la forme descriptive à une autre manière de voir, Ziguras, ce Polonais-Néo-Zélandais-Australien-peu importe, semble vouloir faire pour la poésie quelque chose d’analogue à ce que Steiner souhaite que nous fassions pour nous-mêmes lorsque nous nous libérons des enveloppes physiques, éthérique, du sentiment et de l’esprit, pour les reconstruire en cet “ être issu de l’univers tout entier ” en constante évolution (selon la traduction d’Ege de Steiner). En ce qui concerne le fait de donner vie à la poésie, cela signifie méditer sur chacune de ses facettes : qu’est-ce qui attire notre attention ?… Qu’est-ce qui est inspiré ?… Imaginé ?… Intuitif ?… Parmi les poèmes à aimer, si, comme à la lecture de G. M. Hopkins, vous êtes prêt à y consacrer du temps, citons : “ A Taxonomy of Fates ” ; “ Lazurus ” ; “ The Veil Itself ” ; et “ The Foundling Voices ”. Ou, si vous voulez simplement vous faire plaisir, lisez “ Elvis ”.
09.09.26

